Des écrivains russes à Paris

1919-1939. Paris, l’entre-deux-guerres. Des Russes que l’on appelle « blancs ». Un adjectif bien mystérieux. Ces Russes sont devenus un mythe moderne parce que Paris était devenu lui-même « Café de l’Europe », après Berlin…


***

Gaito Gazdanov
4 volumes de nouvelles

3 volumes trad. par Marianne Gourg et un volume trad. par André Cabaret

***

Boris Poplavski
Apollon Bezobrazov

Trad. Christine Zeytounian
Postface de Hélène Menegaldo

(mars 2021)

Boris Poplavski (1903–1935) est né à Moscou dans une famille aristocratique polono-lituanienne. Il a grandi bilingue (russe et français) et a fréquenté un lycée français de  Moscou. Après la révolution de 1917, il quitta Moscou avec son père; pendant la guerre civile, la famille émigre et arrive à Paris via Constantinople en 1921. En 1922, il s’installe temporairement à Berlin pour étudier l’art, où il rencontre Boris Pasternak et Vladislav Khodassevitch ; de retour à Paris, il se consacre principalement à la littérature. En 1931 parut son seul volume de poésie publié de son vivant. En plus de la poésie, Poplawski a écrit des articles, des critiques d’art et des recensions de livres et deux romans.  Boris Poplavski n’a jamais pris pied dans la société parisienne, il souffre de dépression et expérimente la drogue. En 1935, à l’âge de 32 ans, il meurt d’une overdose à Paris.

Boris Poplavski était, avant tout, un poète lyrique connu dans les cercles d’exilés russes de Paris. Le roman « Apollon Bezobrazov » retrace, en images scintillantes, le vécu de quelques jeunes gens déracinés, pour la plupart des émigrants russes, qui se laissent dériver à travers Paris d’une manière torride et dansante, et pour se consacrer à l’art de leur propre vie. Le narrateur à la première personne, Vasily, rencontre le mystérieux Apollon Bezobrazov, un personnage plein de contradictions mais qui l’attire profondément. Tous les deux sont des existences perdues, qui luttent pour la beauté et la sincérité, se battent et interprètent leur futilité face à la liberté. La Russie appartient au passé, la France leur est encore étrangère.

« Vole, petit cheval de fer, aux naseaux écumants, ferré de caoutchouc, abreuvé d’essence, oint de graisse, fouetté par le vent, brûlé par le soleil…
Et toi, danseur du destin, cesse de scruter dans l’étroit rétroviseur ton propre visage ou celui, barbu, de ton frère. Car nous savons bien combien nous sommes mauvais, vils er faibles dans notre misérable ivresse, mais c’est nous qui sommes la Russie – Russie la vierge, Russie la jeunesse, la jouvence… Russie, oh, petite pomme…
Et c’est nous qui survivrons, nous qui reviendrons, nous les gueux, nous les jeunes, tendres et paisibles frères des chiens et des voitures, nous qui aimons les livres et les aurores vermeilles des grandes villes, que seuls les vagabonds connaissent… ».

***

Anatol von Steiger
Cette vie-ci 

[poésie]
Trad. Christine Zeytounian

Publié dans Non classé | Commentaires fermés sur Des écrivains russes à Paris