Poème de juin 2021 (Essénine)

 

Petite mère à la Saint-Jean marchait en forêt,
Nu-pieds, trébuchant, elle errait dans la rosée.

Les plantes sorcières piquaient, et la douleur
Au milieu des orties lui arrachait des pleurs.

La pauvre n’en peut plus, elle est saisie de crampes,
Pousse une exclamation, et aussitôt enfante.

Je suis né en chansons, en couverture d’herbes,
Les aubes du printemps me langeaient d’arcs-en-ciel.

Enfant de la Saint-Jean, et devenu majeur,
La nuit envoûteuse me prédit le bonheur*.

Mais ce bonheur fin prêt, à quoi servirait-il ?
Que mes yeux, mes sourcils affrontent les périls.

Comme un perce-neige, dans l’air bleu je m’efface,
Et dans la destinée je balaie bien ma trace. 

1912

(Traduction Henri Abril)

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