Raabe, etc.

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« Le romancier  allemand le plus doué entre Goethe et Fontane »
(Jeffrey L. Sammons)

« Raabe est l’un des plus grands romanciers allemands du siècle dernier ; mais je ne crois pas que la conscience générale le reconnaisse pour ce qu’il était réellement. »
(Romano Guardini)

Madame, Monsieur,

Hermann Helmers, dans sa préface de l’édition Metzler des œuvres de Wilhelm Raabe écrit : « Wilhelm Raabe en 1968  est un rationaliste sans sentimentalité, un moqueur dubitatif, un combattant courageux, un politicien humanitaire, un vrai poète et un critique acerbe. Avons-nous changé ? Raabe a-t-il changé? Il y a tout lieu de supposer que jusqu’à présent les recherches sur Raabe n’avaient  rien compris à Raabe ou qu’elles l’ont au mieux mal comprises. »

Wilhelm Raabe a réussi à subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille toute sa vie en tant qu’auteur indépendanten toute indépendance, c’est-à-dire en vendant ce qu’il écrivait : 80 romans ou récits.  Bien sûr, il a financé la formation de ses filles et leur a permis de poursuivre leur propre carrière. Ce n’est pas comme le pensent certains germanistes français par « graphomanie », car, pour eux, quand on écrit beaucoup on écrit toujours très mal ! (Ah ! Bourdieu !)

En 30 ans, la soi-disant « Société des Amis de Wilhelm Raabe » avait voulu le revendiquer rétrospectivement comme un pionnier du national-socialisme par le biais de préfaces, ou d’insinuation völkisch, de mensonges et de calomnies – Raabe justement, qui de son vivant n’avait décidément laissé personne choisir pour lui – ni politiquement, ni idéologiquement, ni en matière de goût ou de croyance.

Savez-vous qu’il y a eu une édition faite par le Ministère de la Propagande nazie, en 1943, pour une édition de la Wehrmacht donnée aux soldats, d’un de ses plus grands livres : Das Odfeld. (Le Champ de Wotan). Que nous publierons. « Ainsi Le Champ de Wotan initiait-il dans de larges portions du texte l’essor qu’allait connaître, dans la littérature allemande, un nouveau thème. Néanmoins, le fait qu’il ait fallu plus d’une douzaine d’années, après la Deuxième Guerre mondiale, pour que le récit de Raabe soit enfin reconnu à sa juste valeur, atteste des résistances que cette littérature rencontra pour s’imposer en même temps qu’il confirme sa force. » : Un très grand livre contre la guerre ! Les nazis n’étaient décidément pas de bons lecteurs !

Nous publierons :

  • La Chronique de la rue aux Moineaux (trad. Pierre Foucher)
  • Les Dossiers du Chant des oiseaux (trad. Laurent Cassagnau)
  • Le Champ de Wotan (trad. Pierre Foucher)
  • Stopfkuchen. Une histoire de mer et de meurtre (titre provisoire ; trad. de Sibylle Muller)
  • A l’homme sauvage (trad. Jacques Le Rider)
  • Nous publierons dans une traduction d’Adna Lévy une longue nouvelle de Raabe, Fleurs de lilas, dans Facus 2

Avec l’œuvre de Raabe nous poursuivrons la publication des Russes de Paris, des écrivains anti-totalitaires (en ce qu’ils étaient à la fois anti-fascistes et anti-bolcheviques)  : l’œuvre de nouvelliste de Gaïto Gazdanov, et du romancier Youri Felsen, le « Proust russe » , qui a été comparé à «  un poète allemand méconnu, décédé il y a huit ans déjà.  “Combien de lecteurs ont entendu parler de Rilke, demanda-t-il, l’un des plus remarquables poètes et écrivains d’Allemagne? Vous l’avez lu et êtes étonné: comment et pourquoi ce nom n’est-il pas célèbre dans le monde entier?” Gazdanov était en avance sur son temps. Et cela me fait penser que Felsen peut encore espérer. » (Georges Adamovich)

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