Poème de Mars 2021 (Amy Campitt)

Vers l’éclaircie

 

Tard dans la journée le brouillard
s’est essoré comme une éponge
en clairières de pluie,
criblant de pointes de lance
la crique à-demi invisible;
puis en une levée
de mèches et d’écharpes, de ronds de fumé
venant des îles, donnant à voir
non plus le cloqué de filet tremblotant
de naguère mais la surface lisse
d’une peau-de-soie ou d’une percale
fraîchement repassée, bordée d’une dentelle
d’écume au loin, où sont les rochers,
cette non-couleur lustrée,
les bandelettes de platine
et de magnésium baignant,
minute par minute, d’un rose et d’un violet
clandestins, et d’une nuance opaline de laite, une texture
qu’on ne peut évoquer que dans un murmure,
tout au long de l’horizon, il s’est peu à peu
lentement entrouvert
comme le bord d’une caverne
ou d’un coquillage caverneux,
unique, secrétant de la nacre.

(Traduit de l’anglais (USA) par Marie-Claude Peugeot)

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