La poste, le covid-19 et le girondisme

Le covid-19 était déjà présent en Alsace et en Lorraine  à l’automne  passé : des radios ont été faites à l’Hôpital Schweitzer à Colmar (en nombre), ou à l’Hôpital de Metz qui montraient des taches pulmonaires étonnantes, et parmi les symptômes les patients citaient la perte du goût et d’odorat (ce n’est pas le symptôme d’un état grippal). Je suis l’un d’eux.  Les radiologues ne savaient pas à quoi l’inférer : ils prescrivaient du paracetamol. Mais ce n’était pas un «virus médiatique» (Alain Minc !) : parmi nos proches on connait des personnes qui en sont morts  : des personnes  qui avaient la cinquantaine (et non des grabataires centenaires…). Le père d’un élève de ma femme. Une éditrice. Ou notre expert-comptable qu’on avait intubé dans la nuit. Et qui est resté deux semaines en hosto… avant d’aller au Centre Clémenceau pour se faire retaper, réapprendre à marcher.

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« Goya : And of two cats (“Cats fighting”, 1786) which are just about to leap at each other atop a ruined wall. The hair stands up on their backs, the bases of their tails have swelled and become thick, the yellow of their eyes is aflame. This picture must be one of the most wonderful cat-depictions of all time. » (László F. Földényi : Goya’s Dog)

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La Charte du CIL – (SITUATION EXCEPTIONNELLE LIÉE AU COVID-19 CHARTE DES ÉDITEURS ET LIBRAIRES INDÉPENDANTS DU GRAND EST) :  il y a quelqu’un qui manque dans la charte : le diffuseur.  Et en lui, j’ai confiance ! « Les éditeurs s’engagent à réduire et étaler dans le temps leurs productions, pour ne pas dépasser la capacité d’absorption des librairies. »!!!! Donc je ne payerai plus mon comptable ni mon loyer !  Je doute qu’il y ait dans le lot des signataires de la charte des éditeurs faisant de la cavalerie. C’est fou !

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Du calme, de la sérénité ! Allez aux jardins de Berchigrange (88) ou de Callunes (88).  C’est peut-être à cause d’un préfet pas stupide… Vous verrez de magnifiques rhododendrons. Regardez sur le net.  Il sont ouverts ! Et vous pouvez marchez en gardant vos distances… Les deux jardins sont nés d’une initiative privée.

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« ROSES ET CITRONS. La main, – à présent invisible, à présent lointaine, – avant de refermer la porte sans bruit, – mais un bruit qui se serait fait entendre l’aurait empêchée de s’éloigner, – a laissé, testament, trois fleurs dans un vase de Talavera. Trop molles pour des roses, et trop parfumées pour des pivoines : trois fleurs épanouies.
Cependant, posés sur la nappe qui fait des plis à leur base, il y a trois citrons jaunes, concrets, ronds, définis, chacun avec son double mamelon : ainsi ces petits villages compacts dans les replis d’un système orographique.
Dans ce voisinage des citrons les roses languissent. Si elles sont atrophiées et amollies au point de ressembler à des pivoines, c’est là œuvre, magie, jettatura des citrons.
Rendant le bien pour le mal, défaillantes dans l’encolure du vase, elles coupent et tranchent, d’une haleine délicate, l’astringente âpreté de leur odeur. »

LA DINDE. Non, elle ne peut être candide, l’atroce nudité de cette masse de graisse déplumée. Près d’atteindre à la pureté de l’or le jaune se stylise dans les rondes éminences. Il y a cependant un rose douteux dans les courbes, et un bleu ambigu dans les profondeurs.
Et il y a la peau. La peau froide et qui pourtant semble avoir froid. Qui tend, tirant jusqu’à la rompre, çà et là, sa trame de serviette éponge. Et qui se fripe, déjà calleuse dans sa quadruple articulation repliée et dans les rides molles laissées par la fatigue de tant de pontes.
Et les deux blessures. Epouvantable, entre des plumes, celle du cou, par où se vide le sang. Et risible, nette, avec quelques poils, celle par où se vidèrent les entrailles.
Et l’œil. Mal fermé, menu, rond, noir, avec un petit point lumineux qui est presque une vie,– presque un reproche. (Eugénio d’Ors, traduit par Valery Larbaud)

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La culture du terroir (l’alsatique ??) contre la culture de l’universel ? Voir les élections régionales  de mars 2021…

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 « Dieu – c’est sainte Thérèse d’Avila qui parle,  — se promène au milieu des marmites »

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Article de Thomas Wieder, dans le Monde : France-Allemagne. Démocratie à l’épreuve de la pandémie. Sur deux pages. Quand Macron se rêvait girondin… Il se rêvait puis vint le temps d’après les élections  ! Jupiter-Jacobin !

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Quand Bernard Gillmann m’a proposé sa traduction de Hebel : j’ai cherché dans mon foutoir et j’ai trouvé au milieu de mes papiers un tiré-à-part de l’introduction que Robert Minder avait écrit aux Œuvres (presque) complètes de Hebel. Ce tiré-à-part a été distribué à 10000 exemplaires (m’a-t-on dit), mis à  disposition des libraires  et de leurs clients, gratuitement. Hanser, l’éditeur, espérait que la parole savante (pas uniquement !) de Minder suscite des lecteurs pour Hebel. Et je crois qu’il a réussi !

 

Focus 1 || Calinescu  | Thomas Pavel : Clown et métaphysicien (Calinescu) || Gaïto Gazdanov : Poplavski || Ullmannn|Sibylle Muller : « Mais moi je suis la solitude… » Rilke : Pour accompagner les poèmes en prose|| Hebel| Walter Benjamin : Johann Peter Hebel| Johann Peter Hebel : De comment un chien de boucher a pisté d’horribles criminels|| Bela Balázs| Robert Musil : Vers une esthétique nouvelle Remarques sur une dramaturgie du cinéma (1925) | Bela Balázs : The kid !|| Georg Simmel | Georg Simmel : Tout comprendre, c’est tout pardonner || Henri Abril : Un solide maillon (sur Vladislav Khodassévitch) | Tomas Venclova, Vladimir Nabokov : Vladislav Khodassévitch || Henri Abril : Les oxymores de l’amour (sur Akhmatova)

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Il se trouve que travaillant de temps en temps à Berlin (pendant mes vacances), je rédigeais un contrat qui devait être envoyé à Séoul ; je suis allé Goebelstrasse (à 100 mètres de chez moi) pour envoyer le pli à la Boulangerie (!) Akman’s Kiosk, Backwaren, qui réceptionnait les enveloppes qui étaient confiées à la société de poste Pin-mail — qui fait le même travail que la Deutsche Post (cf. le net). En une semaine le contrat était à Séoul. Ce qui pour un habitué des postes françaises est une vitesse proprement supersonique et le tout en affranchissant l’enveloppe à 1,50 € !

Pourquoi je vous raconte ça ? Parce que précisément ce ne  sont pas les qualités qu’on rencontre à la Poste. Je ne veux pas dire que c’est un mille-feuille bureaucratique (comme l’hôpital, un de plus) — bien que … Non : le prix et la vitesse. Regardez les sites de la Deutsche Post et de Pin-mail Berlin. Aux pages «Bücher »(Livres). Et comparez avec les prix français. Vous allez être estomaqué ! D’abord la poste française  n’a pas de tarif             « livre» ! Et qu’un libraire se rende compte (par exemple appartenant  à un éditeur : Gallimard ) qu’il ne peut pas expédier le livre à un tarif livre !!

Sabine Wespieser, Jean-Paul Hirsch (de POL), et Antoine Gallimard (à de multiples reprises ce printemps dans Le Monde et Livres-hebdo et dans le Point) ont l’intention de remuer un peu le problème des tarifs postaux :  alors que le syndicat des « éditeurs indépendants » veut se bagarrer contre les éditeurs qui s’adonnent à la cavalerie ! Ah, bon !?

Et surtout, un « banquier », (M. Wahl,  PDG de la Poste : vous l’avez beaucoup entendu ces jours-ci pour dire du bien, que du bien,  de son entreprise), n’est pas un logisticien. Il est énarque. Ah ?

Je reviendrai à ces histoires de poste… Nous payons 6500 € de frais postaux par an EN SUS !! (par rapport à Pin-mail).

Le Point 2489: Interview d’Antoine Gallimard : «A l’avenir, nous aurons des batailles à mener sur le front de l’expédition des livres, en particulier sur la baisse des tarifs postaux»

Non, non : depuis 30 ans  ça nous pose problème :

11/05/2020 À la une•Actualités du livre en régions•Économie du livre

[Plan de Relance] Appel pour un tarif postal du livre

Depuis 5 ans, la question du tarif postal du livre pour les envois en France demeure essentielle pour les éditeurs, les…

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Il y a un an ou deux, Emmanuel Macron est allé fêter la fin du ramadan, l’Aïd el-Fitr,  chez le roi du Maroc : comme s’il y n’avait pas de repas festif de fin du ramadan en France ! A la Mosquée de Paris, par exemple. A Berlin, le Président Steinmeier est allé s’asseoir et partager le repas en compagnie des germanos-turcs de Kreuzberg.

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Depuis peu,  je pense beaucoup à Françoise Colin et à Françoise Pasquier (pour ce qu’elle m’a appris…).

Jean-Claude Mailly [l’ex-responsable de FO] : il faut que tout le monde paye l’impôt sur le revenu.

Mme Ndiaye [la porte-parole du gouvernement] suggère de rouvrir le débat sur les statistiques ethniques.

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« Als die Nachricht die Runde machte, dass Leihgaben im Museum Hamburger Bahnhof demnächst Berlin verlassen werden, hieß es häufig, Friedrich Christian Flick würde seine Sammlung abziehen. Friedrich Christian Flick? Im Vertrag steht etwas anderes. Bei dem Leihgeber der Werke, die in den vergangenen Jahren in wechselnden Ausstellungen präsentiert wurden, handelt es sich um keine Privatperson, sondern um ein Unternehmen, die Contemporary Art Ltd. Die Firma hat ihren Sitz auf Guernsey, einer der Kanalinseln, die zu den sogenannten „Paradise Islands“ zählen. »(Cicero)

Flick ? Quand on a installé ses œuvres d’art à Berlin au Hamburger Bahnhof : on a beaucoup glosé sur le grand-père-Flick : c’était un des grands industriels nazis qui faisait travailler notamment les ouvriers déportés… Du nazisme à l’île de Guernesey…maintenant, on regrette qu’il parte avec ses œuvres: autrefois on rappelait que l’argent, il l’avait eu à foison durant le nazisme, était acquis de manière malencontreusent frauduleuse….

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L’Allemagne : l’Etat stratège ? Non, l’Etat commerçant !!

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Des soignants, en manif : « J’ai été gazé !! »

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Anne-Gaëlle Pascal (qui a fait là, une superbe traduction)  me rappelle que Zayas sera au programme d’agreg d’espagnol en 2021. Tant mieux. Zayas aura-t-elle le destin de Basile: le purgatoire littéraire (plutôt l’enfer…) et le renouveau ? Zayas, je l’avais découvert dans une petit librairie du Trastevere : j’ai été attiré par les reproductions de Zurbaran sur la couverture du gros volume de la collection I millenni d’Einaudi, volume déjà ancien. La libraire devait l’avoir (ça ne faisait pas partie des «  nouveautés » : le livre avait cinq ou six ans) parce qu’elle aimait le livre et voulait le partager !? Mais j’ai lu Zayas dans la traduction de Clemens Brentano. J’en ai discuté un soir avec Juan Goytisolo : je savais qu’il avait écrit un long essai sur elle. Puis j’ai lu l’essai de Gumbrecht : qu’il faudra bien que je fasse traduire (mais Zayas est absente de son Histoire de la littérature espagnole… c’est comme si vous écriviez une histoire de la littérature française sans Montaigne ou Rabelais…). Pourquoi la presse n’en a-t-elle pas parlé ? Parce qu’elle n’aime pas les sonnets ?? Goytisolo disait qu’après Cervantes il y avait Zayas… La presse française n’est pas d’accord… !?

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Norbert Schwontkowski : une très grande expo au musée de Brême !

Un cardinal en habit rouge est seul dans un musée et ne comprends plus le monde…

(D.R.)

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R.I.P. Françoise Helluy. 20 juillet 2020. [non, ce n’est décidément pas un « virus médiatique »]

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Rothau => Berlin => Rothau (3-5 juillet). A Berlin, pour un rendez-vous de deux heures avec un technicien.  J’ouvre l’app. « Deutsche Bahn » de mon smartphone et j’apprends que le masque est devenu obligatoire entre Berlin et Fulda. Ailleurs : non. Si : de Kehl/Strasbourg à Rothau.  Est-ce que c’est la législation qui est différente entre ces Länder allemands ? (Bitte beachten Sie die Regelung zur Mund-Nase-Bedeckung im öffentlichen Personenverkehr). Possible. Et le régalien ? Qu’il y ait du régalien (et, oui : cent fois oui !) ne doit pas faire oublier qu’une décentralisation est possible. Et nécessaire. Le vendredi après-midi après mon arrivée : allé à l’épicerie turque acheter des köftesis, du taboulé et des börek. Passé devant le glacier où toute une cohorte de gens faisaient la queue. Presque personne n’était masqué. Vieux et jeunes. Juste les femmes avec leurs poussettes qui étaient masquées.

De Gaulle, en 1969, était pour la régionalisation (et pour une refonte du Sénat). C’est les Français qui étaient contre.

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Le 18 juillet, 1870-2020. Dogme de l’infaillibilité du Pape ! Et l’infaillibilité du dogme ?

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« Basler Hotels haben weniger Gäste als im Zweiten Weltkrieg » (BAZ)

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Le Gilet Jaune à Emmanuel Macron en train de se promener aux Jardins des Tuilleries  :  « T’es mon employé ! ».

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Dans la FAZ, aujourd’hui : « Als Preußen Straßburg bombardierte » — expo à Dresden.  « Cette omission peut surprendre les visiteurs d’autres nations européennes, mais elle est facile à expliquer si l’on pense au rôle de l’empire dans la mémoire historique locale. L’empire était embarrassé pour l’ancienne République fédérale car il s’est terminé dans la Première Guerre mondiale. L’Allemagne réunifiée est d’autant plus embarrassée qu’elle représente une variante de la Prusse que l’on voudrait garder à l’écart de l’image prussienne postmoderne composée de Humboldt, Schinkel et Fontane … ». Ça ferait une intéressante exposition à Strasbourg…

 

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D’un très grand traducteur, de Georges Nivat : Dans la Revue d’études slaves  (1982) :

« Mais Blok est presque inconnu du public lettré français. Il manque en effet l’essentiel : de bonnes traductions poétiques. Il faut dire qu’aucun grand poète français actuel ne pratique plus le vers français régulier classique. Les réussites que nous avons relevées ici et là (André Piot, François Kerel, Gabriel Arout, Brice Parain) sont dues à deux poètes, un dramaturge, un romancier. Mais elles ne portent que sur deux ou trois textes et elles sont perdues dans des publications rares, épuisées. Aucune solution n’a été vraiment trouvée pour traduire le doľnik de Blok. Beaucoup trop de traductions sont dues à des émigrés russes qui ne sont pas poètes, moins encore poètes français. Enfin notons que le nombre des poésies traduites est très restreint. Les traducteurs se cantonnent à quelques pièces. Les Douze ont été traduits une dizaine de fois sans qu’aucune traduction ne se soit imposée.… Aussi est-on tenté de conclure cette étude sur Blok en France en rappelant ce que Blok lui-même a écrit de Heine en Russie : les conditions pour la traduction du poète ne sont pas favorables, mais le poète nous est plus proche que jamais. Blok, qui a incontestablement suscité de l’intérêt en France, pâlit, comme toute la poésie étrangère de la crise de la traduction poétique française. Mais ceci est une bien plus vaste histoire… »

La situation a-t-elle changé ? Espérons-le ! Georges Nivat a du se faire taper dessus : l’article est publié  dans la Revue d’études slaves !

Georges Nivat était au nombre des (très bons) traducteurs du Pavillon des cancéreux  : un des livres qui avait passé la censure du Collège de salésiens où je faisais mes études (en 3e). Il avait eu droit à la signature de Fassla (i.e. en alsacien  « Petite Barrique »: il faisait office de Directeur des études) sur la page de garde ! Fassla m’avait simplement dit :  « Tu viendras m’en parler ! » Fassla n’aimait pas trop l’hommerie : il a été nommé chanoine à la Cathédrale d’Istanbul, où  il  a terminé sa vieOù le christianisme est ultra-minoritaire.  J’ai lu Une journée d’Ivan Denissovitch et à la suite, le livre de critique de Georg  Lukacs avait écrit sur Soljenitsyne. J’ai été  très impressionné par ce dernier petit livre.

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Décidément, il n’y a pas beaucoup de poésie traduite en France  !  En voyant les listes de poésie traduite envoyée à poezibao (Le beau site de Florence Trocmé) c’est ce qu’on pense… Et des recueils traduits beaucoup le sont avec l’aide d’organismes étrangers…  L’Irlande, la Norvège… Où les aides sont plus importantes que le CNL !
J’ai voulu publier la traduction d’un livre néerlandais que Suhrkamp et Oxford U.P. avait  publiées en anglais et en allemand : il s’agissait d’un  essai sur  la Première Guerre mondiale et sur ses effets sur la poésie européenne. L’éditeur néerlandais m’avait envoyé les trois versions : l’original et les deux traductions.  J’ai regardé quels étaient les poèmes traduits et lesquels figuraient dans le livre original : les deux tiers des poèmes avaient déjà été traduits en allemand et en anglais et la traduction les reprenait. Par contre peu de traductions existaient en français. Que dire : que la France n’était pas un pays de traduction poétique, et cela depuis très longtemps ? C’est le moins qu’on puisse dire.

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Le Comte Lamsdorff (député FDP au Parlement européen) :  Il ne comprends pas pourquoi on ne le laisse pas rentrer dans sa finca de Manocor : il avait pourtant payé ses impôts locaux  (!?).

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20 Juillet 44. Au Plötzensee. On commémore le dernier attentat contre Hitler. Peut-on commémorer la honte ? C’est AKK qui dépose les gerbes, Merkel est à Bruxelles.     « La commémoration de Stauffenberg et d’autres opposants allemands actifs contre Hitler est donc moins appropriée pour établir une identité nationale ou étayer une tradition démocratique en République fédérale que pour affirmer une attitude humaine universelle. Le sort des résistants allemands rappelle à chacun sa responsabilité individuelle de ne pas permettre à l’injustice de triompher dans le monde. “Nous ne sommes pas silencieux, nous sommes votre conscience coupable, la Rose Blanche ne vous laisse pas en paix” – cette phrase tirée d’un tract du groupe autour de Sophie et Hans Scholl, qui ont été exécutés en février 1943, conserve encore aujourd’hui toute sa force. Le silence et l’indifférence sont la plus grande ressource sur laquelle les systèmes criminels totalitaires et autoritaires fondent leur règne. Des voix apparemment faibles comme la Rose Blanche qui leur refusent cette ressource sont en fait leurs ennemis les plus dangereux. »(Richard Herzinger). Dans la Berliner Zeitung (?), une page entière : « Ein Tag der Befreiung » (C’est un jour de liberté).

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27 Juillet. Bon anniversaire Jean-Luc Nancy  !

[Pourquoi les journaux allemands (et suisses et autrichiens) fêtent-ils les anniversaires de gens connus ?]

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En face de l’ancienne galerie Beyeler, Bäumleingasse, dans le vieux Bâle (Baselaltstadt), une autre galerie, (Knoell) et devant,  quasi sur le trottoir, deux lièvres de Flanagan :  «Je sculpte des lièvres parce qu’ils ont des choses à me dire qui m’intéressent » !

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Premier août. Berlin. Manifestation de 18000 personnes qui part de la Porte de Brandebourg. Sans masque aucun et sans prendre garde aux distances sociales. Des complotistes, des néo-nazis, des libertariens (des ex-pirates ?), des  anti-vaccins sont  de la manifestation dont la devise est « Jour de la liberté», le titre d’un film de la réalisatrice nazie Leni Riefestahl. Ils donnent rendez-vous pour une manif le 29 août…

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A une vingtaine de kilomètres de Schirmeck où nous nous rendons de toute manière. Nous allons déjeuner à Ottrot. Des trois restaurants de la commune, le restaurant a une terrasse avec une trentaine de couverts dehors, c’est un restaurant connu. Il est midi. Il n’y a que deux tables d’occupées : des Belges et nous. Ce seront les seules à être occupées. Les prix sont les mêmes qu’au début de l’année. En allant retrouver la voiture, on passe à l’Office du tourisme chercher des flyers: et on nous confirme le très peu de touristes. Et les prix des menus de certains restaurants  progressent. Un bon restau a ainsi des menus qui dépassent le prix d’un trois étoiles Michelin.

 

R.I.P. Bernard Stiegler.

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