(E) Es ist vollbracht !…

(D.R.)

Printemps – Eté 2019

La dysphorie : le discours sur l’Europe (H. U. Gumbrecht).

« Die gute alte Buchhandlung: Wir sagen, dass es ohne sie nicht geht, und kaufen unsere Bücher doch bei Amazon ein. Unser Handeln im Alltag ist total widersprüchlich, doch der Widerspruch hat Methode: Wir leben im Zustand einer zombiehaften Nichtwachheit. In unseren immer komplexeren Gesellschaften sollten wir lernen, uns damit anzufreunden.» 

Dominik Finkelde, Jésuite et prof de philosophie à l’Université de Munich, 

On ferait bien de relire le début de mon texte sur Amazon et éventuellement le texte du Père Finkelde : et il est en Allemagne… !

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Avec  le RN qui reprend la fonction tribunicienne (Georges Lavau) du PCF : même public,  même perméabilité aux fakes news. Les TV en continu doivent être contentes de leur faire de la pub tous les samedis après-midi…

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Sur le site de Deutschlandfunk Kultur : Botanik-Boom in der Literatur. Le boom de la botanique dans la littérature.
Warum wir Sehnsucht nach Pflanzen haben ? Pourquoi avons-nous la nostalgie des plantes ?

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Les Verts en Allemagne : de beaux scores électoraux. Bien que 40% de l’électricité allemande provienne de charbon brûlé ou de lignite brûlée. Et les centrales thermiques lâchent leur CO2 dans le Sud du brandebourgeois ou en Saxe au milieu des gisements de lignite (Cottbus). Cela on l’oublie toujours : il n’y a que les centrales nucléaires qui sont à l’arrêt.  Et toute une partie de l’Allemagne n’est pas écologiste pour un sou, cette qui vote AfD, c’est l’ex-Allemagne de l’Est. Les Diesel qui n’ont plus le droit de rouler dans le centre des villes : ils vont directement en Pologne où elles sont revendus en occasion ou en Lituanie dans un immense terrain vague (Marjampole) que Karl Schlögel a si bien décrit dans un de ses livres.  Et l’on en profite pour fabriquer des voitures plus puissantes roulant bien plus vite. C’est ça l’écologie ! C’est ce qu’on appelle :  la double morale…

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Aux élections européennes qu’a voté Reinhold Würth (l’empereur de la visse…) ? Il a voté vert.

 

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Nouveauté sémantique : la « philosophie » du Festival de Pâques de Salzbourg (The philosophy of the Salzburg Easter Festival) ou la « philosophie de notre cuisinier » (!) pour le site d’un restaurant alsacien…

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Je crois que les choses ont changé quand François Ruffin a rédigé — dans le Monde — sa tribune :    « Vous êtes déjà haï ». Et quand la manifestation-pot-au-feu Ruffin-Mélenchon était accompagnée par le pantin Rodschild-Macron, la manifestation avait déjà sale allure, elle avait viré à l’aigre… C’est lamentable !
A Berlin, une manif, une fille, la trentaine, devant moi, en face de la Porte de Brandebourg, Pariser Platz, une pancarte dans son dos : « Hass ist keine Meinung » (la haine n’est pas une opinion).

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Emil Nolde : grand artiste mais antisémite et nazi. Et nazi détesté par les nazis… Les tableaux sont-ils responsables aussi?

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Tiens, les Bastian ouvrent une galerie à Londres par une expo Twombly (Cy Twombly : Natural History ou Cy Twombly et Pline l’Ancien) ! Ils disaient que Berlin n’est qu’une ville de philistins. Ce qui n’est pas très juste. Surtout pas dans leur quartier (Grünewald ou les rives du Wannsee qui possèdent de petits ou de grands  bijoux )…La newsletter des Bastian est rédigée en allemand. Curieux !

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NZZ, le 1er mai  : « Die deutsche Doppelmoral und ihre Folgen – wie amtsdeutsche Völkermord-Theorie Griechen und Polen auf den Plan rief » (Michael Wolffsohn : prof. d’histoire à l’école militaire de Bonn).

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« Basile dans le Conte des contes met en scène un merveilleux plus bizarre encore que le merveilleux de la magie », Ferrari dans la Revue des deux mondes en 1880.
Le film de Garrone sort aux States : on ressort le Conte des contes (en livre) chez Penguin (la première édition est épuisée).
Le titre qu’il a  dans l’article de Tim Parks de la NYRB est « The Rabelais of Naples ». Stupide. Faut-il qu’un livre fasse 800 feuillets pour qu’il n’y ait pas de presse aux States ? Même un chef d’œuvre. Peut-être.

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Dans la salle d’embarquement de l’aéroport, une femme devant moi, sur le dos du T-Shirt, en grand : « Don’t follow me ! ».

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Le CO2 dans l’atmosphère : il y a deux vols AR Nuremberg-Münich chaque jour ! Je parie qu’en ICE, de gare en gare, ça doit être plus rapide ! 165 kilomètres… C’est pire qu’en France !!

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« Drôle de gauche qui, tout à son envie irrépressible, pour ne pas dire pavlovienne, de dégommer le locataire de la place Beauvau, oublie le même jour d’applaudir au sauvetage d’Asocal. Quelque 270 salariés sauvés après quatre années de lutte sociale et grâce aux efforts conjugués des syndicats, des élus locaux et de l’État : pas un mot ! Drôle de gauche qui, le même jour, omet de se féliciter des résultats de la lutte contre le travail au noir et, notamment, contre les fraudes au travail détaché. Plus de 640 millions d’euros de redressement en 2018 (+ 18,5 %) : pas le moindre commentaire ! Drôle de gauche enfin qui, toujours le même jour, zappe superbement la création d’un «  Airbus  européen des batteries électriques » qui pourrait créer des milliers d’emplois industriels en France et en Europe. À chacun ses priorités politiques…», Laurent Neumann, Le Point.

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« On ne compte plus le nombre de sortants sacrifiés sans raison objective de se plaindre de leur travail ; bien au contraire certains d’entre eux étaient reconnus unanimement pour leur influence à Strasbourg et à Bruxelles. S’il fallait ne citer qu’un nom, Christine Revault d’Allones serait sans doute le cas le plus emblématique : présidente de la délégation socialiste française au Parlement Européen, elle n’a pas été reconduite par son parti alors même que, achevant tout juste son premier mandat, il est difficile de justifier son éviction par le principe du renouvellement. » 

Chostakovitch, Symphonie n° 13, « Babi Yar ». La shoah par balles était connue bien avant que de figurer dans les livres d’histoire.

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Joseph et la femme de Putiphar…

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Je lis Tiananmen 1989-2019 : Hommages et récits paru chez Phébus. Il faudrait écrire une histoire des maoïstes mondains français… Guy Debord (qui n’était pas maoïste pour un sou) aurait pu raconter des histoires drôles…

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70 ans « Luftbrücke » : les commentaires enfin disent que Tempelhof n’était pas le seul aéroport qui s’occupait du pont aérien. « Berliner Luftbrücke – auch über Tegel ».  Gatow voyait atterrir les avions anglais et Tegel les avions français (Tegel a eu sa piste, une des plus longues d’Europe, en moins de trois mois…)… Et l’aéroport de Tegel qui fait voyager aujourd’hui 4 fois plus de  personnes (20 M.) que le maximum prévu (5 M.)…

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« L’Ascension est un pont prisé du mois de mai. Très pratique, cette fête chrétienne tombe toujours un jeudi puisqu’elle est célébrée quarante jours après Pâques. Mais rien n’empêcherait la conférence des évêques de France de décider qu’elle soit désormais fêtée un… dimanche…
C’est déjà le cas dans des pays très catholiques comme l’Italie ou l’Espagne. Mais aussi aux États-Unis. Au cours des années 70, et avec l’accord du Vatican, les évêques de ces Églises ont décidé de fêter l’Ascension le dimanche qui suit ce jeudi, soit quarante-trois jours après Pâques. Pourquoi? Par esprit civique précisément afin d’éviter un… pont et une cessation d’activité pour la société! » Le Figaro.

 

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« Que doit alors faire l’UE ? Immédiatement, Weber ne devrait pas être nommé président de la commission – principalement parce qu’il n’a pas l’expérience du gouvernement au plus haut niveau, mais aussi parce qu’il a légitimé le démantèlement de la démocratie hongroise par Orbán en conservant le Fidesz au PPE.[…] Ensuite, l’UE doit cesser d’utiliser cette farce tragique de fonds propres pour saper les valeurs européennes. Elle devrait nommer comme procureur européen la Roumaine Laura Codruţa Kövesi, qui sait exactement à quoi ressemble la corruption post-communiste en Europe de l’Est, et subordonner son adhésion à un tel contrôle à la procuration de ce procureur européen. » Timothy Garton Ash, dans The Guardian.

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Fondation Jean-Jaurès. Penser pour agir. Article : « LREM et RN : deux France que tout oppose » de Jérôme Fourquet. Au milieu de l’article, une carte d’Alsace : la zone du vignoble où Macron a fait beaucoup plus de voix que le RN. Beaucoup de choses à commenter.

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« En vérité, la défense de l’intérêt général est la seule voie possible pour sortir du corporatisme et de l’individualisme forcené de l’époque. Et pour s’affranchir de ce que d’aucuns appellent la dictature des minorités. Cela nécessite, il est vrai, beaucoup de courage politique. » Laurent Neumann, Le Point.

 

Le Homard. J’en avais mangé une seule fois. Dans un restaurant chic de l’Est de la France. C’est pas moi qui ait payé l’addition. Mais je sais que le homard coûte cher mais bien moins que la langouste (et il est plus photogénique avec ces grosses pinces…)  et sans doute que la sole. Mais les journaleux de Médiapart ne font pas les courses eux-mêmes : on ne peut pas leur en vouloir de se tromper dans les prix. Et une photo de cinq homards joliment alignés tape pas l’œil. Quant à l’appartement de Nantes il émeut jusqu’au journaliste de Libé.  
Depuis  j’ai mangé un demi-homard au KaDeWe ! C’est succulent et c’est maigre !
Ça fait 18 € ! Le prix de demi-homard au  Seaside – Fish & Seafood Bar : 15 € (c’est le calibre en-dessous).

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Peter Sloterdijk : « Heimat sei nicht nur die Herkunft, sondern auch die Möglichkeit, neue Orte aufzusuchen.» (voilà ma contribution au débat sur l’immigration).

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Prospérité à la campagne. Deux pages du Monde. Intelligentes. J’espère que les banquiers liront. Et les politiques.

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Dans le traité de Rome, parmi les finalités de l’U.E. (avec l’acier et le charbon),  mention est faite de l’écologie. Déjà !

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La presse française va très mal : c’est Médiapart qui leur donne le laUn organe de presse est « une institution incapable de faire la différence entre un accident de bicyclette et l’effondrement de la civilisation » (Shaw).

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La poste augmente encore ses tarifs. Stupide ! Je vais finir par envoyer mes Services de presse de Berlin !!

J’ai reçu un envoi de Berlin hier : envoyé par la Pin Mail AG qui est une société postale  privée qui travaille sur Berlin, avec quatre cents boîtes aux lettres et qui vous propose le même service que la Deutsche Post qui pour certains envois est déjà nettement moins cher (elle fait notamment un tarif LIVRES) que la poste française. Seulement voilà : PinMail  fait des tarifs 20% moins chers. Et des tarifs livres 20% moins chers que la Deutsche Post…

Comment vous expliquez ça : la poste française a un surpoids de personnels (- des directeurs de , – des sous-directeurs, – des  sous-sous-directeurs…) qui grève assez son budget… et une banque qu’il faut renflouer ?

Je lis les journaux en retard d’une semaine : « François de Rugy. Des révélations jusqu’à l’indigestion » Sur trois colonnes de Libé. Ecœurant ! Voilà pourquoi nous nous désabonnons.

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On m’envoye une interview parue en français dans la Lettre de Taïwan, une interview de Chen Yuhong, poétesse de Taïwan que Circé vient de publier. Et qu’a très bien traduit Marie Laureillard. En plus d’être poète, Chen est également traductrice et elle traduit le meilleur de la poésie féminine anglo-saxonne car : qui connaît Louise Glück ou Carol Ann Duffy (qui était en résidence à Berlin l’an passé) et qui sait que Margaret Atwood est également poète et pas uniquement romancière… ? Personne en France !

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La plus belle (et de loin !) librairie de Fribourg en Brisgau ferme ses portes le 31 décembre 2019. La librairie zum Wetzstein : après 41 ans de service. Des libraires inventifs, créateurs et un peu snob (la moquette épaisse par terre, les gros tapis sur du parquet ciré superbe…)! Pour faire tourner le fond : ils demandaient aux grands écrivains qu’ils connaissaient (G. Grass, Herta Muller, Sebald, Canetti, Peter Huchel quand il était à Staufen…) de faire une liste des livres préférés et d’écrire quelques mots sur eux et ils exposaient en vitrine le livre accompagné de ce petit mot. Ainsi Sebald l’avait fait avec Hebel (non : il n’est pas helvète !) et le libraire en avait vendu 500 ! C’est une librairie qui marche très bien : pas un euro de dettes ! Et pourtant elle ferme…

https://www.zum-wetzstein.de

Il y a une librairie à Palma de Majorque qui a « copié » la librairie zum Wetzstein : La Bibliotheca de Babel (c/Arabí nº3 ) dans la vieille ville de Palma : où les livres sont également accompagnés de petits mots en vitrine rédigés par de grands écrivains espagnols ou catalans. Le libraire est peut-être allé faire ses études à Fribourg !

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« Das hatten wir auch bei Adorno gelernt » : les journaux allemands parlent d’Adorno à cause du cinquantenaire  de sa disparition. Sa dernière promenade à Zermatt et son amour des montagnes. De la publication  bienvenue d’un texte  sur le radicalisme d’extrême droite, sur l’extrême droite. Mais qui en France pourrait dire:« Das hatten wir auch bei X gelernt   » ? La transmission !!

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Discussion pendant le déjeuner avec L.B. au restau grec près de Saint Sulpice :  les conseils de lecture que  les profs de khâgne peuvent donner à leurs étudiants  ; les profs de fac idem. Henri Vergote nous avait parlé, au détour d’un cours sur Hegel, d’un essai de Michel Serres sur La Fontaine (dans Hermès). Je suis sûr que par la suite les librairies strasbourgeoises en ont vendu une tapée. Jean-Luc Nancy nous avait parlé de Karl Barth et de Roland Barthes, nous disant beaucoup de bien du premier (beaucoup moins du second: si, si !) et de son Essai sur l’Epître aux Romains (que même Löwith plaçait très haut) ainsi que son petit livre sur Mozart. Et Lucien Braun lisait Castoriadis et nous le conseillait (c’est là que j’ai commencé à lire Socialisme ou Barbarie et j’avalais ensuite les premiers numéros de Textures). Aujourd’hui : les profs ne donnent plus de conseil de lecture. Pas d’autorité pour cela.

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Je suis européen fédéraliste  et je suis pour une décentralisation accrue et intelligente en France (ce que la dernière ne fut pas : elle a été décidée entre poire et fromage, surtout pour le Grand Est… qui méritait mieux que cela !).

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Bo Jo (Boris Johnson) est un personnage de PG Wodehouse !

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Pour saluer Michel Serres. Parmi les nombreux articles, seules deux nécros dérogent à l’exercice convenu : Frédéric Worms (dans Libé) et Bernard Henri Levy (dans le Point). Deux personnes qui se rappellent le « méchant homme qu’il fut » aussi. Je me rappelle : Michel Serres en robe de chambre après que Derrida se soit fait emprisonner à Prague pour consommation de cannabis (!). Il y allait  pour faire de la philosophie : une intervention au séminaire de Patočka. Ce qui déplu au pouvoir communiste en place.  Et ce que Serres raconta à sa façon devant les caméras du Journal télévisé : ignoble. Il me déplu ce soir là et dans le ton et dans le contenu. L’autorité de Vergote était tombée dans le caniveau.

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On commence à prendre un certain âge : on lit Le Monde à l’envers, en commençant par le carnet du Monde, par les annonces de décès.

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Lecture du Livre-Hebdo allemand (Le Boersenblatt) : interview d’Iris Radisch (qui dirige les pages littéraires de Die Zeit) sur la critique littéraire. Il faut contextualiser, qu’elle dit. Qui sait faire ça ? Certains comparatistes. Pas tous.  Les problèmes sont les mêmes que chez nous. Dans Le Monde : Comment les libraires s’adaptent à la surabondance des titres? C’est les éditeurs qui doivent publier moins…

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Samedi après-midi, après l’office de la Hohenzollernplatz,  écouté le concert annuel de l’orchestre de l’Opéra de Berlin  (direction Daniel Barenboïm), à la Bebelplatz, cet après-midi suis allé au cinéma aux Hackesche Höfe voir Sunset de Nemès. Je vais rarement au cinéma. Encore plus rarement à Berlin. La dernière fois, c’était pour voir Sokourov (Faust).

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Promenade le long du Wannsee (pour me faire perdre du poids – je m’y promènerai fréquemment cet automne !). Du côté de la tombe de Kleist, jusqu’à l’Île aux Paons… l’immense Villa Liebermann: où l’on expose les œuvres de Liebermann et celles de Lesser Ury (ils sont strictement contemporains) : Ury fait remonter les jupes des femmes et remplace les voitures à cheveaux du Tiergarten par des feux de voitures sous la pluie un soir sur la Bülowsstrasse : de véritables flaques de lumière. En hauteur, sur le pont, on voit une rame de U-Bahn circuler. Toujours étonné par la grandeur de cette Villa… pour 3 personnes (le couple Liebermann et leur fille)… la première du quartier qui jouit d’un jardin potager ! Je vais me promener au cimetière, et je me rappelle avoir lu quelque part que ce cimetière était juif et chrétien sans carré dédié à l’une ou l’autre religion, le premier dans l’histoire. En effet, au centre de la croix qui est au-dessus de l’entrée, est sculptée une étoile de David. Et les tombes juives avoisinent  les tombes chrétiennes.

(D.R.)

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On vient de recevoir le 42ème courrier et le troisième chronopost (depuis le début de l’année) qui ne nous était pas destiné. Merci la poste !

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« Pünktlich zum Erscheinen unserer Buchtipps, wieder online und in gedruckter Form, laden wir Sie zu drei zusätzlichen Stöber-Stunden bei uns in der Buchhandlung ein. Mit einem Glas Prosecco und salzigem Gebäck lässt sich entspannt über die passende Ferienlektüre plaudern! Wir freuen uns, wenn Sie dieses Mal auch wieder dabei sind. »

Il faudrait reparler de cette librairie, Jos Fritz à Freiburg (à cause de leur newsletter intelligente): en bas à gauche, sur la photo, la Ministre d’Etat de la Kulture (Kulturstaatsministerin Grütters) à l’occasion de l’attribution du Buchhändlerpreis :

 

Le café est – en été – derrière la librairie dans la cour.

Zut ! On dit « culture » et non « Kulture »!

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Michel Guérrin dans un article du Monde sur la  « festivalite » contemporaine  cite Yves Michaud qui écrit que jamais on ne verrait de « l’avant-garde » dans des festivals ! Veux-t-il que je lui cite les sommaires de certains festivals de théâtre de Nancy ? Jack Lang avait une équipe de véritables scouts (qui n’existent plus : ils sont décédés)… C’est une autre époque ! J’ai vu des spectacles de Nancy, hors-festival, à  Mulhouse, un spectacle de Bob Wilson, qui, à  Nancy durant le festival, s’est joué à guichets fermés : à Mulhouse, nous étions 3 dans le théâtre pour la seconde partie, en compagnie  de Baptiste-Marey (donc la militance pour les librairies ne me sont pas étrangères)

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R.I.P. Frieder Burda. Sur l’annonce mortuaire (la «Traueranzeige ») de la FAZ : « In großer Liebe und Dankbarkeit nehmen wir Abschied… »

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Je lis ou relis les articles de Pascale Hughes. L’essai où elle compare le bâtiment de la  Bundesregierung (Tag der offenen Tür) à celui de l’Elysée (Journée du Patrimoine).

 

Je lis Bernhard Schlink : Olga. Le premier roman à « évoquer » le génocide de Namibie. Un trou noir dans l’histoire de la littérature allemande. Et de l’histoire tout court.

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R.I.P. Agnes Heller. « Agnes Heller c’était Lukacs et Arendt. La fête de l’esprit et la mémoire de la Shoah. L’Europe au cœur et la détestation du nationalisme. La politique comme champ d’étude et la philosophie comme champ de bataille. De tous, face à Macron, ce jour-là, elle était la plus ardente. »,  BHL

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Un livret touristique a été fait pour la région du Kaisersthul (la Toscane allemande !) : avec notamment  les lieux où vous pouvez vous sustenter (restaurants, bistrots,…)  ; dans le même livret : les mêmes lieux pour la région de Sélestat… C’est nouveau !

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Nath.  a des élèves qui ne connaissent pas l’usage de la conjugaison (En 3e : «je mangea»). Au mieux qui sont dysorthographiques. Qui ne sauront pas s’orienter dans le temps… La raison: une conjugaison s’apprend, des règles ça s’apprend. Quant au prof du primaire qui n’a pas le droit de filer de  devoir !

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Je viens de recevoir la liste des nominés pour le Prix Neustadt  de cette année.  Ce prix est considéré comme le Prix Nobel américain. Il est plus sérieux : surtout ces dernières années. Pas de Dylan ! Et généralement, les nommés au Neustadt Prize, ont également,  quelques années après, le Prix Nobel (Milosz, par exemple, a les deux prix). Il y a certains des récents – Duo Duo, Ugresic, Zagajeswski – qui, attendent encore, et que je trouve largement mériter le Nobel. Sont nominés notamment cette année: Jorie Graham, Emmanuel Carrière et last but not least, Ismail Kadare. Qui pourrais-je avoir envie de publier : Jorie Graham,… car elle vit en Normandie!

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R.I.P. Peter Hamm. Sur Regina Ullmann, il a écrit un texte splendide. « Er war einer der letzten großen Literaturkritiker » (!) : c’est le titre de sa nécrologie dans Die Welt. Qu’est-ce que ça signifie : qu’il n’y aura plus de grand critique littéraire en Allemagne ? Un texte de Peter Hamm sur Giorgio Orelli  superbe : «Das Werk, das sich radikal jeglichem Zeitgeist verweigert, besticht durch lichte, lichtdurchlässige Verse, in denen das Alltägliche ereignishaft gesehen wird und in sinnlichem Glanz erscheint. » «Der bedeutendste Lyriker der Schweiz – für alle Sprachen.», dit le Börsenblatt für den deutschen Buchhandel.

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Je lis « September 1, 1939 » d’Auden (sans doute le plus grand poète du XXe siècle) dont il ne voulait plus entendre parler (à cause d’un vers) et qu’il n’a jamais voulu republier après la première publication dans The New Republic. Sur un des très grands poèmes sur les débuts de la Deuxième Guerre mondiale (le seul ?), Ian Sansom a publié : September 1, 1939: A Biography of a Poem, 4th Estat ! La biographie d’un poème ? Voyons ! Y-a-t-il des poèmes sur la chute du Mur de Berlin ?

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Je vais à Francfort (la foire du Livre) cette année : je marcherai !!

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R.I.P. Günter Kunert. Un des grands poètes et prosateurs  allemands des cinquante dernières années… A quitté l’Allemagne de l’Est après les problèmes Biermann. Il fut un temps, je traduisais ses Hörspiele pour France-Culture.

Mort de Chirac : le  Roi fainéant. A part le «non » pour la guerre en Irak et le discours du Vel D’hiv. Après les élections de 2002 : Rien !

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Il faut que je maigrisse (j’ai peu maigri durant ce semestre 2/2019) : je ne veux pas que ma femme ait un supplément à payer pour ma crémation… Youssef Ishagphour m’avait « interdit » de passer un temps à Berlin pour maigrir, pour marcher dans la métropole (et travailler aussi, bien sûr, à la S.). Je n’y suis donc pas  allé  : pourtant ce trimestre-là rien ne s’est passé.  Et j’ai continué à grossir. Maintenant c’est mon médecin — mon angiologue – qui crie à l’obésité mortifère…

C’était un été où l’on s’est peu ennuié. Donald Trump se voit en élu de Dieu, pense à une bombe nucléaire pour disperser un cyclone et veut que les USA achètent le  Groenland. L’illusioniste Boris Johnson (Bo Jo) rêve d’une frontière réelle et invisible entre les deux Irlandes et fait disparaître le Parlement pour un bon mois. Jair Bolsonaro moque le physique de Brigitte Macron tandis qu’un de ses ministres traite le président français de crétin. Matteo Salvini demande les pleins pouvoirs comme Mussolini en son temps et attend son heure. Maheureusement les sardines ! Et l’extrême droite gagne du terrain en Allemagne comme en France…

Dimanche. Bach dans le vignoble ! Nous allons écouter la Passion selon saint Luc de Bach par La Chapelle Rhénane à Saint Grégoire de Ribeauvillé. La ville-haute est très belle. C’est le concert de clôture du Festival : le début de l’automne. Je regarde le public : des classes d’âge mélangées. Ce qui signifie : pas uniquement du troisième âge…. Aussi des jeunes et de très jeunes.  L’église, grande, est pleine. Derrière nous : des universitaires allemands à la retraite (émérites !), qui ont une maison de campagne de ce côté-ci du Rhin. Lui, il suit sa partition sur ses genoux. Es ist vollbracht ! Et Hans Blumenberg n’a malheureusement pas écrit d’essai sur la Passion de Luc…

Je prends le 218 à la place Théodore-Heuss à Berlin  jusqu’au bac qui me mène à l’île aux Paons. Je me promène sur l’île. L’île a été dessinée par Lenné, le parc paysager est encore dans son état premier. Et je rentre à pieds par la route, la S-Bahn (la S-7) et la U-Bahn (la U-7) jusqu’à Siemensdamm. 3 heures de marche.

Les anglais expatriés (en Dordogne, en Espagne, en Italie, au Maroc…) n’avaient pas le droit de voter au référendum sur le Brexit ?

« In Deutschland hat es gesunden Menschenverstand nie so recht gegeben », Hannah Arendt dans une lettre à Dolf Sternberger (que du côté de Nancy on ferait bien de redécouvrir : son texte sur l’Art nouveau est intelligent !) que Rowohlt vient de publier : avec un travail d’établissement de texte  lamentable…)

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Trouvé dans une librairie à Fribourg. Un papier qui, replié, fait du 120*210, déplié il fait un grand A3 : Les traces littéraires (Literarische Spuren) – une série sur le Sud-Ouest allemand (Literaturland Baden-Württemberg) et une carte en pleine page de ce Sud-Ouest allemand,  avec les villes où des écrivains ont habités, ou résidés : Stuttgart, bien sûr, piqué de numéros, signalé même pour Beckett, qui a adapté une pièce pour la radio au SWF et a travaillé sur place pour le travail en studios. Mais je vois énormément d’oublis (appelons ça des oublis…) : Dostoïevski a bien habité Baden-Baden et y a écrit un roman (Le Joueur) : oubli ! Tourgueniev y est ! A Badenweiler: il est bien vrai que Anton Tchekhov y est mort après avoir bu une rasade de champagne et Annette Kolb y avait sa maison (l’architecte de la maison  était né alsacien et est retourné en Allemagne, pays de ces ancêtres : histoire des deux ancêtres raconté par P.H.) qu’elle a habité une vingtaine d’année en face de Schickelé… Kolb n’y est pas : oubli ! Et l’on oublie que Peter Huchel a habité Staufen, au sud de Freiburg,  la moitié de sa vie.  Stuttgart est donc la Métropole de la littérature !!

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Olga Tokarczuk et Peter Handke : l’honneur de la Mitteleuropa …! (Oui, les deux…). Mais Ismail Kadare a eu le Neustadt International Prize of Literature… !

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« First we take Manhattan, then we take Berlin »… Leonard Cohen en 1988. Le rôle politique de la musique pop à Berlin ces année-là (1980-1989). 10000 personnes (!) pour écouter Bruce Springsteen à Weissensee (en DDR) : et  la huée quand, après le concert il a dit, en allemand, espérer que le mur soit chamboulé un jour. Je me rappelle d’une discussion avec Bei Dao au café de la Mairie, lui qui était à Berlin pour une résidence avec le DAAD, et qui prenait son petit-déjeuner avec Bowie…! Mais Nick Cave, beaucoup moins connu que Bowie avait passé un an à Berlin (Qui le sait encore : W. W. ?)

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Pierre Pachet a réagi très violemment pendant les obsèques de Maurice Nadeau aux propos d’un orateur. On me l’a raconté : je ne sais plus qui ? Jean-Yves Potel ? Sans doute. Je me suis souvenu qu’aux séminaires de Claude Lefort auxquels il assistait  le plus souvent possible, il avait aussi réagit très violemment quand Chantal Mouffe était intervenu. Et en l’ayant écouté une bonne heure : j’avais compris. Elle n’avait pas sa place à ce séminaire. Chantal Mouffe : ou l’archéo-marxisme. Mais il était le seul à l’avoir fait comprendre. Claude Lefort n’en pensait pas moins.

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C’est LA-MEN-TA-BLE-!

(Même si  « annexion » est un terme juridiquement juste.)  

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La chute d’un article de Charles Simic dans la NYRB :«Tout change dès l’instant où l’on a pitié d’un être humain ou d’une souris qui se blottit dans un coin. Tout à coup, un monde différent apparaît sous nos yeux, à la fois plus terrifiant et plus beau… And so was his end. He died in 1997 at the age of eighty-two, falling out of a hospital window while apparently reaching to feed some pigeons. »

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30 ans. La voie balte est l’immense chaîne humaine qui allait de Vilnius à Talinn en passant par Riga, le 23 août 1989, pour exiger l’indépendance de Moscou.

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Christian N.. Mais tout le monde le savait ! Sauf la DRAC !? Allez ! Si ça m’est venu à l’oreille : tout le monde le savait. Je suis toujours le dernier à être mis au courant.  Malheureusement pas les femmes qu’il faisait pisser devant lui.  Je me suis dit que je ne serai pas très heureux de travailler dans la Culture dans la DRAC du Grand Est. L’article 40 du CPP existe toujours (même pour les énarques : simplement quand on se fait piquer on ne dévoile pas son nom, les initiales ça suffit: C. N).  

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Je recevais le sommaire d’une revue archéo-marxiste par internet. J’ai même  demandé si c’était un ami de Y. I. qui  me l’envoyait. Non. Mais il avait un petit groupe, réunis autour d’un enseignant, qui se retrouvait à l’Université de Strasbourg  pour discuter de la revue. Sans doute était-ce une réunion de travail à propos de la «pensée» de Boukharine ou de l’empiriocriticisme et de la «pensée» de Lénine. Ça  me semblait totalement abscons. Je ne plaisante pas.

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R.I.P. Remo Bodei est décédé samedi matin.

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Shermin Langhoff : « Le désir d’hommes forts et de réponses simples est de retour: Donald Trump, Xi Jinping, Vladimir Poutine, Recep Tayyip Erdogan. »

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Souvenir d’une discussion avec Raymond Federman (à Berlin ? à Ludwigsbourg ? à Freiburg, dans la maison qui jouxte la maison de Heidegger ?), lui à Berlin, en résidence, avec la Fondation Ford, surpris, étonné, que les anciens de la DDR soient si xénophobes… Cette discussion date d’avant la naissance de l’AfD… Mais elle doit être contemporaine des événements de Rostock…

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Johannes Nichelmann: « Mein Vater war drei Jahre lang bei den Grenzsoldaten und hat sich dort die Beine in den Bauch gestanden. Aber ich habe mir ausgemalt, er hat Schreckliches getan. Diese Art Kopfkino trug ich jahrelang mit mir herum. Er hat niemanden erschossen. Ich glaube, es wäre gut gewesen, ein Klima zu schaffen, in dem sich Menschen mit solchen Biografien trauen können, offen zu reden und zu reflektieren.» (Le silence, la coupure entre les générations).

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Un couple, Holger Friedrich et Silke Friedrich, (des Ossis: lui, ancien IM travaillant pour la Stasi spécialiste ès délations) vient de s’acheter la Berliner Zeitung

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Sur le site d’un éditeur francfortois, un livre est présenté : des recensions d’un tas de radios publiques  (les Allemands ont l’équivalent d’un « France-Culture » par région, par Land !) : WDR 3, WDR 5 Scala,  hr2 kultur, Diwan BR 2, ORF Ö1 Buch des Monats, SWR2 Lesenswert, SR-2, Deutschlandfunk Kultur, RBB-Kulturradio. Pour contribuer à faire une unité (d’un Land, d’une Région), rien de mieux qu’une radio !

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Bisogna morire. Un air d’opéra.

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Hiver 2019-2020

Des éditeurs font une lettre ouverte sur la télévision et la littérature  dans Le Monde. Frédéric Ferney, dont Le Bateau Livre, est la seule émission intelligente qui ait parlé de livres : pourquoi a-t-il arrêté ? Et il faisait vendre…

1992. Dans un petit ATR d’Air France, venant de Strasbourg-Entzheim, nous nous sommes rendus à Berlin : bonjour tristesse ! A deux ans de la chute du mur, le putsch à Moscou était chose passée, il n’y avait plus de manifs à l’Est. L’avion était à moitié vide. Il était très tard, ça devait être l’automne. On arrivait dans l’architecture nazie de Tempelhof. On s’est glissé dans  les couloirs du métro  : des hommes et des femmes par terre qui sirotaient leur bière au goulot. Et des gens d’une société de surveillance avec leur chien. Des punks. Ça puait l’herbe, partout.

Les Hauts-fonctionnaires d’il y a dix ans (donc sous Sarkozy) : sont responsables de pas mal de conneries : c’était l’époque où les profs partant à la retraite n’étaient pas remplacés et où les classes montaient à 30 élèves (Luc Ferry a inventé cela ; mais il ne s’en souvient pas…), c’est l’époque où le paiement à l’acte (et depuis que l’on me dit que c’est comptablement absurde, eh bien on continue…) représentait la dernière invention des  Hauts-fonctionnaires de Bercy ou du ministre de la Santé pour l’économie hospitalière… 

Adam Cohen (sur son père, Léonard Cohen) : « Il a caché une âme d’ange sous une vie de pécheur et réinventé la légèreté en chantant toujours plus grave. » « Don’t listen to me. »

Je vais à la station de métro et passe devant le marchand turc : sur ses étals il y a des asperges et nous sommes en novembre ! (CO2). Nous sommes toujours à Berlin… !

 

(D.R.)

Dans le Monde : La romancière Belinda Cannone rappelle qu’Internet, où éclosent des procureurs de tout poil, ne saurait tenir lieu de tribunal. J’ai refusé un livre sur Facebook. D’un sociologue canadien. Tant pis !

Premier décembre 2019. A la télé, la ZDF. Je regarde — j’écoute — le concert du Premier dimanche de l’Avent et du début de l’année liturgique, à la Frauenkirche de Dresde, l’orchestre est dirigée par une femme : Alondra de la Parra !

« Cela tombe bien, la nouvelle Commission européenne vient d’entrer en fonctions. On attend donc avec impatience ce moment où MM. Martinez (de la CGT), Piketty (de l’EHESS) et consorts iront demander à Ursula von der Leyen et ses collègues, dans les froids couloirs de Bruxelles, de faire usage de leur pouvoir de multiplication des pains afin de préserver nos régimes spéciaux » (Etienne Gernelle, Le Point).

Simon Armitage: « Nature has come back to the centre of poetry. »

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Quant à Max Weber écrivant sur son acné juvénile à sa mère et appeler cela «Correspondance de Strasbourg» ?! Laissez-moi rire !

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Grande exposition de Baldung Grien à Karlsruhe,  Goya et Hopper bientôt chez Beyeler à Riehen, ainsi que sur « le folklore et la modernité » au Centre Pompidou de Metz. Sommes allés aux expos Eisenstein et Rebecca Horn au Centre Pompidou à Metz.  C’est bien, de faire une expo Horn, alors que personne ne la connaît ! Y. I. ne la connaissait pas !Et il détestait. Etonné par le nombre de gosses qui fréquentent ces expos ! Etonné aussi par le nombre d’étrangers : on parle allemand ou néerlandais à la sortie. Etonné tout simplement du monde qu’il y a ! Dommage qu’il n’y ait pas ses grandes installations: son   « Concert à Buchenwald »…

Claude Hagège et Jean Sellier : « Les langues sont menacées de la même manière que la biodiversité, et pour les mêmes raisons » (Le Monde).

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« Que reste-t-il de Derrida? Je n’ai jamais connu une vague de philosophie qui s’estompe aussi rapidement – et jaunie, pour ainsi dire, si la métaphore n’était pas si mauvaise. Pourtant, cela pourrait avoir une renaissance.

Pourquoi? Parce que les modes intellectuelles fonctionnent comme ceci: soudainement l’impopulaire redevient superpopulaire. » (Gumbrecht, une interview dans la NZZ : souvenirs de Yale)

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Je lis « Im Grunde wäre ich lieber Gedicht  ». Une anthologie de poésie dont les auteurs  (venant d’horizons divers : mais peu de Français) ont lu ces trente dernières années au Cabinet de poésie (Lyrik Kabinett) de München. Notamment de Zagajewski : «Autobiographie dans l’avion » — avec comme sous-titre: « classe économique » !

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Une nouvelle librairie à Schirmeck : La Lisette. Souhaitons lui bon vent. Et une  très belle librairie nouvelle à Gérardmer, peut-être pas très bien placée — elle mettra du temps à se faire connaître, La libraire : très lumineuse et haut de plafond. Et la libraire est ouverte 60 heures par semaine ! Dans une ville qui depuis cinq ans est véritablement en effervescence. La page internet pour Schirmeck : www.lalisette.com

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Décidément les gens ont peu de mémoire. Savez-vous à quel âge on pouvait prendre sa retraite en 1961 ? Allez dites un chiffre ? A 65 ans. Je dis bien soixante-cinq ans !

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«Le propre d’une blague allemande est de ne pas faire rire», explique doctement  Benoît XVI.

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J’écoute d’Arvo Pärt le Magnificat  à 5 voix de 1989. ECM. 

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C’est René Belin (un type bien étrange…) l’ancien dirigeant de la CGT, nommé Ministre du Travail sous Vichy qui a mis en place le premier régime par répartition en France : le 15 mars 1941. Si vous demandez à Martinez ou à Jean-Luc Mélanchon qui a mis en place notre système de retraite, ils diront De Gaulle et les communistes. Alors que c’est Vichy et c’est Pétain ! Relisez Paxton ! Dans le chapitre : « Bilan : l’héritage de Vichy ». Si le cadavre de Pétain bouge encore un peu, c’est en partie grâce au relais de la gauche et de l’extrême-gauche française… P.S. : De Gaulle était contre ce régime par répartition (!). P.P.S. :  Ce sont mes souvenirs de cours de «Politique sociale » : fait par un prof. de Paris I, lui-même d’origine grecque, il avait émigré à cause des Colonels. Comme quoi ce sont souvent des étrangers qui connaissent mieux l’histoire française.

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« Wenn die stille Zeit vorbei ist, wird es auch wieder ruhiger », Karl Valentin.

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Cat vs Trump: An Intelligence Test for Cats With Low Self-Esteem (The Guardian)

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« Hannah Arendt wollte dem jüdischen Leben eine neue Sichtbarkeit verleihen » (!) : l’éditrice de ses textes (qui a fait un travail remarquable) sur le judaïsme – l’idée d’une conversion était très éloignée d’elle.

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Sur une colonne absente. Roberto Esposito sort un livre sur la pensée de Claude Lefort (Pensiero istituente). 

Denis Scheck, le Bernard Pivot de la SWF, vient de publier  « Schecks Kanon » chez Piper : les 100 livres les plus importants de la littérature mondiale. Parmi eux, des femmes, étonnement : « Le Requiem pour les papillons » d’Inger Christensen qu’elle a du écrire à Berlin et dont je ne connais pas le titre français, c’est un vrai bijou, et l’Œuvre poétique de Gertrud Kolmar.

J’accompagne quelquefois des amis à la Prison de Plötzensee, nous n’habitons pas loin. Depuis peu, les députés allemands viennent aussi le 20 juillet déposer une gerbe dans la salle où il ne reste plus que les 4 ou 5 crocs de boucher. Sur les panneaux, son nom ne figure pas : Alfred Delp. Cela fait très peu de temps  qu’il est sur la page de la Prison  de Wikipedia au nombre des tués connus. Il fut exécuté ici et ses cendres furent dispersées dans le réseau d’assainissement  de Berlin. Les femmes catholiques de Münster-2 le citent souvent contre l’ordre ecclésial (et patriarcal). Il était théologien et philosophe et membre de la Compagnie de Jésus. Il n’aurait pas pu être à l’aise dans l’Eglise d’aujourd’hui : une affaire d’hommerieAlfred Hrdlicka a peint une grande Danse de morts  en 16 tableaux dans le centre œcuménique de Plötzensee. Et Paul Celan a écrit un de ses plus saisissants poèmes.

Matzneff. Je l’ai aperçu une fois dans le square à côté de Saint Julien le Pauvre, assis sur un banc, avec une adolescente ; nous, devant le salon de thé the Tea Caddy, en terrasse. J’étais avec F’; elle me dit simplement qu’elle plaignait les filles pour  « plus  tard ». Je suppose qu’elle envisageait  les séances chez l’analyste… J’ai lu son reportage du voyage à Rome pour disperser les cendres de Montherlant. Dans Le Figaro littéraire ? Ecœurant!

Johann Chapoutot : « C’est là que ça se joue, et non dans un livre peu lu par les contemporains et beaucoup plus par la postérité! L’erreur est là. Imprégnés de culture du livre, nous sommes en quête d’une ‘bible’ du nazisme, ce qui nous induit en erreur.  Traduire et éditer Mein Kampf va provoquer une régression historiographique en focalisant l’attention sur la personne de Hitler, dont les historiens savent bien que le rôle ne fut ni matriciel, ni central, ni exclusif. (…) D’un point de vue plus conjoncturel, cette opération éditoriale va conduire à une saturation de ce personnage, de son nom et de ses mots dans l’espace public dont on se serait bien passé, ainsi qu’à la présence d’ouvrages signés de son nom sur les tables de nos librairies – où l’on vient généralement chercher autre chose. »

Dans Die Welt : «  Jan Philipp Reemtsma  : Lesen hilft — in allen Extremsituation des Lebens. »

«Politturismus » !? Un mot curieux ? Les Ossis en marche vers le Cimetière Central de Berlin  pour fleurir la tombe de Liebknecht et de Luxemburg.

La librairie zum Wetzstein à Fribourg reste ouverte (cf. plus haut) ! Pour fêter le premier de l’an elle a  publié un poème alémanique de Hebel (alémanique et non helvète quoique pense le fonctionnaire de la  BdF !) !

 

La librairie allemande de Paris, dans le Quartier latin, ferme ses portes définitivement: elle a fait un CA de – 60% par rapport à celui de l’année passée. Les grèves et les manifestations : la retraite et les gilets jaunes.

 

Grâce à leurs newsletters, S. Fischer (Hundertvierzehn≠122) et Suhrkamp (espresso), deux éditeurs allemands, offrent à leurs lecteurs des articles sur leurs auteurs ou sur des sujets d’actualité tels qu’ils sont présents dans le catalogue (l’antisémitisme : et l’anniversaire d’Auschwitz). S. Fischer par exemple propose cette semaine un très beau texte d’Ocean Vuong sur Anne Carson (une poétesse canadienne dont ils ont publié Bleu:  beaucoup en parlent pour le Nobel.) Il suffit de cliquer sur leur newsletter pour voir  l’article apparaître. En Allemagne, Anne Carson a été publié chez Matthes und Seitz puis chez S. Fischer (en revue, bien sûr, avant cela: dans Sinn und Form) : est-ce le signe qu’elle ne se vend pas ? En France, Corti a commencé  et, je crois, arrêté, elle a été trop peu mais merveilleusement traduite par Claire Malroux

 

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Focus : un catalogue qui n’en est pas un. Des textes de et sur les auteurs de Circé. Un annuel. Des préfaces et des textes inédits. De Benjamin à Hebel, de Thomas Pavel à  Calinescu, De Gazdanov à Poplawsky, de Sybille Muller à Ullmann, de Henri Abril à Khossadevitch, de Härtling à Franzos, de Simmel…

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J’espère qu’Anders (que je connaissais un peu) sera republié, après les 10 ans, chez un autre éditeur : et vraiment traduit !

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De Peter Hamm je lis : P. Hamms poetische Arche Noah. Hanser. Das Tier in der Dichtung der Welt. 500 pages de poésie !

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Berlin – Schicksalsjahre einer Stadt: 1964. Das Jahr 1964 – eine halbe Million Jugendliche versammeln sich beim Deutschlandtreffen in Ost-Berlin, Martin Luther King besucht beide Teile der Stadt und Beat bestimmt den Rhythmus in Ost und West. Chaque semaine, un téléfilm , d’une heure et demi  consacré à un an de vie berlinoise (est et ouest) de 1961 à 1999, année après année.

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Lukas Bärfuss : lu le discours de réception du prix Büchner (chez Wallstein). Mes peu de cheveux se sont dressés sur ma tête ! Et l’Interview dans la Sonntags-Blick…? «Demokratie, so wie sie die Denker des 18. Jahrhunderts entworfen haben, ist ein Versprechen, das sich seiner Unerfüllbarkeit bewusst ist. Der Impuls zu einem Prozess, der nie an ein Ende kommt. Wer, wie Lukas Bärfuss, ‘die endgültige, perfekte Staatsform’ sucht, den muss die Demokratie enttäuschen. Sie bietet keine fertigen Lösungen, die für immer gültig wären, sondern muss jeden Tag neu errungen werden. Demokratie gibt es nicht ein für alle Mal. Sie ist das, was wir aus ihr machen. Darin liegt ihre Verletzlichkeit. Aber auch ihre Stärke. » (Thomas Risi, dans la NZZ)

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Die Zeit, cette semaine (30.01.2020) : « L’artiste chinois Ai Wewei a une fois de plus sévèrement critiqué la société allemande. “Le pays est intolérant, sectaire et autoritaire”, a déclaré l’homme de 62 ans au Guardian. “L’Allemagne n’offre pas un bon environnement aux étrangers. En Grande-Bretagne, les gens sont au moins polis”, a déclaré Ai Wewei. “Cela  s’applique  à l’Allemagne : Vous avez une profonde aversion pour les étrangers.” »

[…]

Ai Wewei. Deutschland ist zutiefst unehrlich.Abgesehen davon ist Berlin so eine traurige, schreckliche Stadt.
Oh ? !
Ai Wewei. Es ist die langweiligste, hässlichste Stadt, die es gibt. Aber das ist okay. Es ist billig. Es gibt viel Raum. Nur wenn man etwas verändern will, gehen sie in Verteidigungshaltung. (Berliner Zeitung)

P.S.: La germanophobie d’Ai Weiwei n’aurait-elle rien à voir avec le fait que son film n’ait pas été sélectionné à  la Berlinale… ? Il a mis du temps pour s’apercevoir qu’il n’y a pas plus horrible ville que Berlin sur terre…

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Château d’Orion. Denken ist nicht Glücksache, sondern das Glück selber… : L’Europe des Régions. www.chateau-orion.com

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75 ans. Bombardement de Dresde. Pour l’AfD il y eut 100 000 morts… Mais  il y en avait beaucoup moins qu’à Hambourg (300 000 : voyez H. E. Nossack !).

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Griveaux : Ils disent «clivant » et je dis « arrogant »…

Julian Banco (comment se fait-il que le Conseil de l’ordre ne l’ait pas encore suspendu?): «Le Macronisme est une nouvelle variante du fascisme, et il nous faudra avoir la plus grande attention à la façon de débrancher ces êtres de nos institutions au moment du changement démocratique nécessaire et qu’ils chercheront compulsivement à éviter.  ». Chapôt pour l’éditeur : C’est lamentable !

 

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« Die unabhängige Verlagsszene in Deutschland steckt in der Krise, einige Verleger stehen am Rand der Pleite. Die Politik in Bund und Ländern reagiert und stiftet hoch. Wäre nicht eine kontinuierliche Unterstützung durch ein Subventionsmodell wie in Österreich notwendig?  ». (Deutschlandfunk).

Uniquement à cause de la faillite de KNV ?

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Le Salon du Livre de Paris n’aura pas lieu. D’abord il y a le nombre important des éditeurs qui ne viennent pas. Pour lesquels c’est peu ou prou une question d’argent (Gallimard,  Minuit, Hachette…). Mais parmi les régions, seul l’Agence du Livre de Franche-Comté et de Bourgogne  a déclaré forfait, et pour lui  c’est aussi et surtout  sur la base d’une réflexion sur ce que devient ce Salon : cette réflexion n’existe nulle part ailleurs en Région ! «  En fait, la plus grande manifestation littéraire d’Europe, avec près de 200 000 visiteurs [Leipzig : 290000 visiteurs], est devenue l’exact reflet du milieu de l’édition, qui voit les achats des Français se concentrer chaque année davantage sur une poignée de best-sellers. »

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« Parmi les dirigeants européens d’aujourd’hui, Macron est celui qui articule le plus clairement cette ambition stratégique, même si ses propositions spécifiques ne sont pas toujours convaincantes. S’il pouvait trouver des partenaires tout aussi stratégiques et ambitieux à Berlin, Londres, Madrid, Rome et d’autres capitales nationales, ainsi qu’à Bruxelles, l’Europe pourrait toujours aspirer à être une superpuissance. Simplement fais-le. Et rappelez-vous, avant de devenir une chaussure de course américaine, Nike était une déesse européenne de la victoire. » (Timothy Garton Ash, le Guardian)

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« Jean-François Kahn nous confiait récemment son étonnement. Son dernier livre, Droit dans le mur » (Plon), redoutable inventaire des aveuglements de la droite et de la gauche de gouvernement, a été abondamment discuté par la première mais presque pas par la seconde. Comme si cette gauche ne se reconnaissait aucune erreur. Son angélisme régalien ? Son renoncement à l’universalisme ? Son abdication devant la tyrannie des minorités ? Sa contamination par le politiquement correct le plus rétrograde ? Circulez, il n’y a rien à voir… » (Le Point)

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Samedi 7 Mars 2020. Le Monde.  Sur deux pages, de Nicolas Truong. « Dans la presse comme dans les médias audiovisuels, les polémistes de la mouvance souverainiste et identitaire s’imposent, fustigeant le « droit-de-l’hommisme » des élites. Rééquilibrage idéologique ou nouvelle hégémonie culturelle ?

R.I.P. Michele Lapautre. Un très grand agent littéraire. Il n’y en a plus comme elle !

R.I.P. Dans le Monde  : Pierre Aubenque et Liliane de Kermadec décédés. Une nécro paraîtra quelques jours après l’annonce  pour Pierre Aubenque. Rien pour Liliane de Kermadec. Pourtant elle a fait un film de toute beauté: Aloïse. Me Too.

Le coronavirus. En France : vous vous sentez mal, vous téléphonez au 18. Si ça marche et qu’il veuille bien vous répondre ! En Allemagne, vous vous sentez malade, vous demandez à un parent ou un ami sain de se rendre chez votre médecin  pour chercher  le test de diagnostic, que vous vous mettrez dans le nez bien profondément et  il le rapporte chez le médecin qui l’envoie au labo. Celui-ci vous téléphonera le lendemain et vous donnera les résultats.

Cherchez l’erreur !

Les chiffres des malades et des morts en Europe. Ce qui est étonnant ce sont les chiffres de l’Allemagne : très peu de morts et pratiquement autant de malades que la France. Pourquoi ? Sur LCI je regarde un débat avec une femme très titrée (Directeur de recherches au CNRS en sciences politiques) qui explique : l’Allemagne est un pays démographiquement  très vieux, alors il est normal qu’elle ait si peu de morts ! Ce qui est absurde ! Si l’Allemagne est un pays de vieux — ce que je ne nierai pas —il serait normal qu’elle ait beaucoup plus de morts : puisque la maladie s’attaque aux vieux d’abord. C’est en écoutant Christian Drosten, chef virologue de la Charité à Berlin (sas doute le médecin le plus écouté outre-Rhin, et qui explique combien l’Allemagne est un pays de diagnostic. Voilà la raison. 

 

Jean Quatremer : Coronavirus: « Un festival d’égoïsmes nationaux au sein d’une Europe censée être unie ».

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75 ans… le 27 Janvier 1945

Nussbaum, Felix, 1904– Died in Auschwitz 1944. “Das Gefangenenlager” (The prison camp), 1940.        No Credit Needed

 

 

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