Jean-Yves Potel : L’Europe nue

Jean-Yves Potel

L’Europe nue

(Édition Circé, mars 2020. 352 pages.)

Trente ans après la chute du Mur de Berlin, l’Europe est nue. N’a-t-elle plus rien à offrir ? Son nom avait été acclamé dans les rues de Varsovie, Prague, Budapest ou Berlin. D’autres villes ont symbolisé, ces années durant, les impuissances d’une Europe tatillonne qui a déçu : Sarajevo assiégée, Athènes humiliée, Budapest fermée. Les espoirs d’hier laissent la place aux peurs, aux menaces, aux replis sur soi.
Des révolutions démocratiques à l’émergence de régimes autoritaires, les sociétés d’Europe centrale, longtemps dominées par des régimes communistes, réveillent des vieux démons qui gagnent maintenant tout le continent.
Ce livre voudrait comprendre.
Il interroge les incohérences européennes après la chute du communisme. Il examine des parcours, des engagements, la pensée et l’action d’acteurs politiques de cette région, tout autant que des réactions d’artistes, des tentatives de sortir des faux dilemmes et d’agir, chacun à son niveau. Il invite à une réflexion lucide sur les combats de ces années, avec leurs victoires et leurs désillusions. On y entend des voix qui comptent dans cette région. On y croise  Karol Modzelewski, Antonin Liehm, Svedije Ahmeti, Vaclav Havel ou Lech Walesa, mais aussi Imre Kertész, Gabriela Adamesteanu, Konstantin Gebert, Christa Wolf, Tadeusz Kantor,Kazimierz Brandys ou Hanna Krall.

Sommaire

L’Europe est nue

I

Antonin Liehm et la troisième voie
Karol Modzelewski et les apprentis sorciers
Vaclav Havel, de la dissidence à la présidence
Sevdije Ahmeti, face à la guerre

II

François Maspero, pour une Alternative
Gabriela Adamesteanu, marges de liberté
Bronislawa Wajs Papusza, voix d’un monde perdu
L’irréalité de Kazimierz Brandys
Le socialisme réel d’Imre Kertész
Tadeusz Kantor, témoin de la Shoah
Les trois temps de Christa, Gabriela, Sofia
Hanna Krall, et les esprits passés
Konstantin Gebert et le retour du judaïsme
Dan Lungu, tendresse et satire
Anna Langfus, les langues de la mémoire

 

Jean-Yves Potel, écrivain spécialisé sur l’Europe centrale, a publié Scènes de grèves en Pologne(Stock, 1981/Noir sur Blanc, 2006), Les Cent portes de l’Europe centrale(L’Atelier, 1998), La Fin de l’innocence, la Pologne face à son passé juif(Autrement, 2009). Il s’est intéressé à l’expression artistique du centre de l’Europe (théâtre, littérature et arts contemporains), sur laquelle il a écrit des articles et assuré des chroniques radiophoniques (France Culture, 1990-2001, Quinzaine littéraire,En attendant Nadeau). Il est l’auteur de deux recueils de poésie, d’un essai biographique sur l’œuvre d’une romancière française d’origine juive polonaise – Les disparitions d’Anna Langfus(Noir sur Blanc, 2014), d’un ouvrage sur une artiste tsigane polonaise Papusza, poétesse tsigane et Polonaise, avec une adaptation française de  ses poèmes  (Etudes tsiganes,2013), ainsi que de l’édition et  traduction française (avec Monika Prochniewicz) de Wladyslaw Szlengel, Ce que j’ai lu aux morts, poèmes du ghetto de Varsovie,Circé, 2017. Il a enseigné dans plusieurs universités, dont Paris VIII et l’université de Varsovie. A été conseiller culturel à l’ambassade de France à Varsovie et correspondant du Mémorial de la Shoah en Pologne.

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