Mises au point…

Je suis un client d’Amazon : les livres, et plus souvent encore, les DVD ou les CD. Professionnellement, je vends également sur Amazon par le biais de mon diffuseur.

Amazon est souvent un sujet de discussion ou de friction avec mes amis ou mes connaissances… Parce que je traine derrière moi une réputation de laquais d’Amazon. Du genre : vous êtes pour Amazon — et eux sont bien sûr contre Amazon.  Ils sont pour la librairie indépendante.  Comment peut-on être contre ? Je ne crois pas qu’il faille être pour ou contre une entreprise  : je vois tant de politiques, et des plus hauts de l’Etat, des ministres, le Président de la République, inaugurer des bâtiments d’Amazon… Habitant à la campagne, Amazon me permet d’avoir des livres en deux, trois jours. Ce sont des innovations (grâce à la vente par internet) sur  lesquelles nous ne reviendrons pas, le croire serait absurde: les Allemands ont la possibilité en commandant un livre chez leur libraire de quartier de l’avoir le lendemain matin après 10 heures du matin. En France : ce n’est pas possible — sinon pour les Parisiens quand le distributeur du livre a un point de chute parisien (un comptoir de vente : c’est le cas du mien). Ajoutons qu’Amazon ne livre pas du jour au lendemain en Allemagne. La situation n’est pas la même. A Berlin, quand j’y suis pour les vacances, je vais acheter mes livres chez le libraire de quartier : je lui ramène généralement la page imprimée du site d’Amazon où le livre est présenté avec les références d’ISBN. Je lui demande : vous ne vous étonnez pas que je vous ramène la page du site d’Amazon pour vous présenter le livre? Il me dit : non, vous êtes  nombreux à le faire !

Les griefs que j’ai contre Amazon (et ils ne sont pas petits), sont les griefs que j’ai contre tous les GAFA. Ils se résument en : la fiscalité,  la concurrence et les données de la vie privée. Et je suis obligé de remarquer que ce qui règne à leur égard est une forme de soumission volontaire (La Boétie), ou de sidération, des pires qui soient : pas uniquement pour la fiscalité où chacun comprend peu ou prou que les GAFA payent les impôts où bon leur semble, mais la concurrence,  la France n’a pas de véritable droit de la concurrence et pour ne pas parler des “données de la vie privée”: en quoi ne sont-elles pas déjà publiques… Les GAFA sont les  “passagers clandestins du monde contemporain” (Macron). Alors : c’est qui, qui voit les choses avec le plus de réalisme ou de cynisme ?

Les libéraux (dont je suis : libéral politique) ne sont décidément pas les libertariens de la Silicon Valley (et que les PUF ont publié, Hayek. et C°, allez savoir pourquoi ?!…) … Qu’on décortique les propos de Zuckerberg, le libertarien, interrogé devant le Congrès des Etats-Unis. Je crois qu’Amazon pourrait supporter les mêmes questions.  Et l’Europe a encore de quoi faire ! Inventer des GAFA par exemple ! Ou faire payer des impôts aux GAFA ?! Et là ce sont les Allemands qui ne veulent pas : ils ont trop peur que les Américains s’en prennent à leurs voitures. L’Europe va mal.

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Lisez chez Circé : Judith Shklar : Visages de l’injustice. Je crois avoir été le premier à la publier en France. Paul Magnette a écrit sur elle une petite biographie, au beau titre : «Judith Shklar, Le libéralisme des opprimés» (Michalon). Quel est le canard  de Montpellier qui a écrit d’elle quelle est une fasciste !? Eh oui !

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«Es kommen härtere Tage», écrit Ingeborg Bachmann.

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Quand verra-t-on ces lignes terminer les articles de la rubrique « voyage » des journaux français : Die Teilnahme an der Reise wurde unterstützt von (Nom de la ville) Kur & Tourismus. Unsere Standards der Transparenz und journalistischen Unabhängigkeit finden Sie unter axelspringer.de/unabhaengigkeit.

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