RIP – Miodrag Pavlovic (1928-2014)

Requiem

Cette fois-ci
c’est tout près que quelqu’un est mort
Requiem
dans la grisaille du parc
sous un ciel bouché

Les femmes ont suivi la dépouille
la mort est demeurée dans la chambre vide
et a baissé le rideau

Sentez
le monde s’est allégé
du cerveau d’un homme

Agréable silence d’après le déjeuner
un garçon aux pieds nus assis au portail
mange des raisins

Est-il possible de rester fidèle
à ce qu’on perd ?

Avec la mort ne vous pressez pas
personne n’est semblable à personne
les fils pensent à leurs jouets

Et ne dites pas adieu au moment du départ
c’est ridicule
et insultant

(Traduction Mireille Robin – Miograd Pavlovic, Entrée dans Crémone, 17 €, Circé)

Il fut un temps, il y avait des nécros pour les poètes étrangers morts. Il faut s’y faire.   Cela n’existe plus : Tadeusz Różewicz,  Miograd Pavlovic…  Juan Gelman : mais était-ce le poète – ou le prisonnier – ou le futur prix Nobel qu’il ne devint pas, mais qu’un grand éditeur français attendait ? La poésie est déjà passée outre-tombe. Surtout l’étrangère. Pas de nécro dans le Monde, ni dans la Quinzaine littéraire. Il faut lire les journaux étrangers. TLS ou la New York Review of Books ou les quotidiens européens… Le choix  de poèmes d’Entrée dans Crémone est de lui. Mais il est très bien traduit par Mireille Robin C.L.

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