Giambattista Basile : Le Conte des contes

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 « Le Conte des contes est une grande machine pour anéantir et effacer la Mélancolie du monde.[…] Et les cinquante récits, racontés en cinq journées par dix narrateurs différents, résonnent de ce rire immense qui rayonne, qui explose, féconde la terre, engendre les fleurs… » Pietro Citati, La Lumière de la nuit, Gallimard..

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« L’Italie possède avec Le Conte des contes ou Pentaméron (1634-1636) de Basile, le plus ancien, le plus riche et le plus artistique des livres de fables populaires. (…) Le Conte des contes est un livre vivant qui n’a rien de comparable avec un simple recueil de fable siciliennes, toscanes ou vénitiennes. […]

« S’y côtoient, dans un style qui conjugue l’hyperbolique et le grotesque, des portraits moraux et des tableaux de mœurs dessinés avec une vigueur qui fait penser aux gravures de Jacques Callot. Passent sous nos yeux le grand seigneur, le militaire, le noble qui se vante de sa lignée, l’orgueilleux, le courtisan, le fanfaron, l’adulateur, la fille de joie, le poète, l’amoureux, l’astrologue, l’alchimiste, et l’avare qu’on juge économe, le lâche qu’on dit prudent, l’homme qu’on pense avisé parce qu’il vit aux dépens de sa femme, celui qu’on juge dissolu et téméraire alors qu’il est homme de cœur et d’honneur, celui qui méprise les choses communes et qu’on dit simplement sauvage, le baron tyrannique et ses agents qui vendent la justice, et l’hôtelier avec leur art de l’embrouille, et tant d’autres figures et d’autres types, avec aussi les désillusions de l’amour, des armes, des plaisirs, des spectacles, des arts, ne se sauvant de cette dévalorisation générale que la vertu et la richesse ou le pouvoir qui donnent à l’homme ses seules véritables satisfactions en ce moment. »

Benedeto Croce, Introduction au Conte des contes (traduction Ginette Herry)

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Écrit en langue napolitaine autour de 1625, et édité, posthume, en 1634-1636, Lo cunto de li cunti de Giambattista Basile constitue une des productions majeures de la littérature européenne du XVIIe siècle. Il peut être considéré comme un recueil de contes pour enfants, ainsi que le sous-titre l’indique, inspirateur d’une grande part de la tradition du conte européen (Perrault ou Grimm, par exemple). D’autres critiques, comme Italo Calvino, hésitent à inclure Basile dans ce patrimoine, préférant souligner la richesse de l’invention métaphorique et le délire de l’imagination voyageant du « sublime au sordide». Ainsi, selon Calvino « le Conte des contes est le rêve d’un Shakespeare napolitain difforme, obsédé par tout ce qui est effroyable, n’ayant jamais son compte de sorcières et d’ogres, fasciné par les images alambiquées et grotesques, où la vulgarité se mêle au sublime ». L’ouvrage est illustré avec les bois qui ornaient l’édition napolitaine originale.

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2683979703« Si le chef-d’œuvre de Basile a mis longtemps pour conquérir le cœur des Italiens, que dire de la France? On doit à Françoise Decroisette, qui signe aussi une excellente préface, la première traduction française intégrale de Lo Cunto de li cunti. Les lecteurs pourront enfin découvrir l’un des meilleurs recueils de contes de la littérature européenne. »

Marco Sabbatini, Le Journal de Genève.

Traduit avec le concours du CNL
Traduit — en entier ! —  du napolitain et présenté
par Françoise Decroisette
478 pages — ISBN : 978-2-908024-88-8  — Prix : 26,20 €

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