Penser le théâtre

Collection créée par Jean-Pierre Sarrazac
et dirigée par Joseph Danan

Lexique du drame moderne et contemporain Sous la direction de Jean-Pierre Sarrazac 2010 | ISBN : 978-2-84242-172-4 | C|P 32 | 288 p. | 10 €
De A comme « Action » à V comme « Voix », plus de cinquante mots-clés qui permettront d’orienter l’étude des dramaturgies modernes et contemporaines. Une plongée dans cette « crise de la forme dramatique » qui s’ouvre dans les années 1880 et se poursuit et s’accélère sous nos yeux. Un outil précieux, à la fois théorique, méthodologique et descriptif, pour aborder les écritures dramatiques d’hier – au temps du naturalisme et du symbolisme – à aujourd’hui.

 Jean-Louis Besson : Le théâtre de Georg Büchner | 2002 | 320 p. | ISBN : 978-2-84242-141-0 | 20,90 €
Georg Büchner est un des auteurs allemands du XIXe siècle les plus joués et les plus traduits en France durant les dernières décennies. Sans doute parce qu’il est comme l’écrit Jacques Lassalle, « à la source même d’un théâtre pour notre temps » : pas à proprement parler un modèle, mais une brèche dans l’écriture dramatique, une « blessure » qui ne s’est pas refermée. Mais si l’œuvre est beaucoup jouée, les études critiques à son sujet sont étonnamment rares. Le Théâtre de Georg Büchner vient donc combler une lacune. L’ouvrage se propose d’étudier successivement chacune des trois pièces écrites par le jeune auteur mort à vingt-trois ans : La Mort de Danton, Léonce et Léna, Woyzeck. L’accent est mis sur l’analyse des structures dramatiques et sur les liens que cette écriture disparate, lacunaire, éruptive entretient avec les dramaturgies contemporaines. Jean-Louis Besson est professeur au département des Arts du Spectacle à Paris X – Nanterre et au Centre d’Etudes théâtrales de Louvain-La-Neuve. Spécialiste du théâtre de langue allemande des XIXe et XXe siècles, il est aussi traducteur d’œuvres classiques et contemporaines.

 Gordon Craig : De l’art du théâtre |1999 | 238 p. | ISBN : 2-84242-165-5 | 22,00 €
De Gordon Craig, metteur en scène et théoricien (1872-1966), il convenait de rééditer cet ouvrage essentiel qu’est De l’art du théâtre. Dans ce livre devenu mythique, Craig repense à nouveaux frais le théâtre comme un art moderne et comme un art autonome, c’est-à-dire dégagé de la littérature, peinture, etc. Prophète plus encore que praticien, Craig annonce dès le début du XXe siècle un théâtre fondé entièrement sur le mouvement dans l’espace. Un art qui, à l’encontre de toute tradition naturaliste, ne serait plus que convention et « théâtralité ». Et il le fait en poète et en utopiste. C’est pourquoi Monique Borie et Georges Banu insistent, dans leur présentation, sur le fait que « Craig a toujours cru à la possibilité d’agir sur le devenir du théâtre par la transmission d’une pensée formulée dans toute sa radicalité ». À mi-chemin entre Maeterlinck et Artaud, ce livre en appelle à un théâtre qui ne serait pas imitation du vivant mais qui, voué à l’apparition de la Surmarionnette, emprunterait ses splendeurs à la Mort. Peter Brook ne rapporte-t-il pas, dans l’entretien avec Georges Banu qui clôt ce volume, ce propos de Craig selon lequel « si l’on ne croit pas au surnaturel, il vaut mieux ne pas approcher Shakespeare » ?

 Denis Guénoun : Le Théâtre est-il nécessaire ? | 1997 | 192 p. | ISBN : 2-84242-023-3 | 16,30 €
Qu’en est-il de l’identification au théâtre ? Denis Guénoun établit la généalogie du concept, dissipant le flou théorique et pratique dans lequel était maintenue jusqu’ici la double relation d’identification au personnage : celle du spectateur et celle de l’acteur. Pour se faire, il distingue trois grandes époques. La première (l’époque de la mimèsis) est marquée par la Poétique d’Aristote, qui semble ignorer l’identification comme telle, tout comme elle paraît ignorer l’illusion, et la différence entre l’acteur et le personnage. La deuxième (l’époque de la représentation) est celle de l’établissement de la distance esthétique entre la scène et la fable, l’acteur et le rôle, et du triomphe concomitant d’un théâtre d’identification fondé sur la toute-puissance de l’imaginaire. La troisième (l’époque du jeu), la nôtre, s’ouvre dès lors qu’un art nouveau, le cinéma, s’étant approprié l’imaginaire, laisse du même coup libre cours à un théâtre « désidentifié », affranchi de sa propre irréalité. Mais la question de l’identification participe d’une problématique plus large de la nécessité du théâtre comme lieu de l’agir et lieu du regard. D’un théâtre qui, s’il veut renaître aujourd’hui, doit impérativement, selon Guénoun, se désencombrer de modèles qui ne correspondent plus en rien à sa pratique. Denis Guénoun est agrégé et docteur en philosophie. Il est professeur à l’Université de Paris IV-Sorbonne. Il est auteur de théâtre et d’essais sur le théâtre.

 Denis Génoun : L’Exhibition des mots | 1998 | 157 p. | ISBN : 978-2-84242-062-8 | 10 € | Circé|poche 21
Au croisement entre théâtre et philosophie, Denis Guénoun développe une interrogation radicale sur l’essence du théâtre et sa place dans les mouvements du monde. Mais la réflexion n’est pas ici confinée au domaine esthétique : elle questionne l’art sur sa soumission ou sur son courage (sur sa responsabilité en tant qu’art) devant les formes contemporaines de la domination.

 Volker Klotz : Formes ouvertes et formes fermées dans le drame | Traduit de l’allemand par Claude Maillard 2006 | ISBN : 978-2-84242-196-0 | 260 p. | 21,30€
Dans l’histoire du théâtre européen depuis Shakespeare, deux tendances opposées ne cessent de se manifester : l’une privilégie la forme fermée, rigoureusement structurée, « tectonique » ; l’autre promeut une forme ouverte, libre, « atectonique », qui tend vers la dissolution de la structure dramatique. Reprenant les catégories de « forme ouverte » et de « forme fermée » établies par Heinrich Wölfflin dans son ouvrage Les Concepts fondamentaux de l’histoire de l’art, Volker Klotz construit un modèle théorique pour l’analyse des pièces de théâtre selon leurs éléments constitutifs : action, temps, lieu, personnages, composition, langage. Ressortissent au « type idéal » de la forme fermée – c’est-à-dire « classique » – les pièces de Racine, de Goethe et de Schiller. Et sont particulièrement représentatives du « type idéal » de la forme ouverte, celles de Lenz, de Büchner, de Grabbe, de Wedekind, de Brecht. Mais l’étude s’intéresse aussi, bien entendu, aux nombreux cas de « forme mixte ». Loin de considérer ces formes-types de la dramaturgie comme des entités platoniciennes, l’auteur s’attache à montrer que ce sont « des tendances tout à la fois permanentes et sujettes à variation à travers l’histoire ». Un grand classique de la dramaturgie, qui combine une réflexion théorique exigeante et la proposition d’une méthode, extrêmement précise, d’analyse des textes de théâtre.

David Lescot : Dramaturgies de la guerre | 2001 | 284 p. | ISBN : 978-2-84242-119-9 | 21,34 €
David Lescot explore la crise du drame au xixe et au xxe siècles sous l’angle le plus singulier : les dramaturgies de la guerre de Kleist à Müller et Bond. Dans quelle mesure la mise en théâtre de la guerre est-elle susceptible d’entraîner des mutations profondes de la forme dramatique ? Produire une dramaturgie de la guerre, n’est-ce pas introduire la guerre dans la dramaturgie ?… Lescot analyse les pièces d’une dizaine de dramaturges modernes et contemporains (parmi lesquels Reinhard Goering, Armand Gatti, Kateb Yacine, Peter Weiss…) en les confrontant aux grandes théories et philosophies de la guerre – Sun Tsu, Machiavel, Clausewitz, Mao Zedong, Foucault… À propos des guerres révolutionnaires, l’auteur distingue les dramaturgies qui mettent en scène le peuple de celles qui se cantonnent à l’affrontement des « grandes individualités ». Mais c’est en méditant sur le théâtre et la pensée de Brecht qu’il opère le partage entre les deux catégories essentielles de l’ouvrage : la dramaturgie de l’« action de guerre » et celle, si présente aujourd’hui sur nos scènes, de l’« état de guerre » – entendons d’une guerre « qui n’est pas montrée en soi, mais toujours raccordée aux processus sociaux, économiques et politiques qui la conditionnent ». Un livre où étude esthétique et approche socio-historique sont indémêlables : tout un pan nouveau de cette « théorie du drame moderne » initiée par Peter Szondi. David Lescot est Maître de conférences en Études Théâtrales à l’Université Paris X-Nanterre. Il est également metteur en scène et écrit pour le théâtre.

 Jean-Pierre Morel : L’Hydre et l’ascenseur (essai sur Heiner Müller) | 1996 | 241 p. | ISBN : 978-2-908024-98-2 | 21,34 €
« Journal de bord d’un spectateur », cet essai entretient une relation privilégiée avec les expériences scéniques de Langhoff, de Nordey et surtout de Jourdheuil et Peyret. Mais il met aussi en scène Müller lui-même : dans sa confrontation permanente, tragique, avec l’histoire et avec le mythe, c’est-à-dire avec le politique. Jean-Pierre Morel écarte deux lectures connues du théâtre de Müller : celle qui le considère comme un pur produit de l’Allemagne de l’Est, un écho de l’agonie du communisme réel ; et celle qui, l’ayant sacré post-moderne, n’y voit qu’un fascinant tourniquet de citations. L’hydre et l’ascenseur se réfère à l’intertextualité de cette œuvre (d’Homère à Anna Seghers), mais pour mieux faire entendre la voix singulière de son auteur. Au cœur du livre, la « scène » où se concentre une des énigmes du théâtre de Müller : le combat avec l’hydre. Car « c’est Héraclès (“l’ouvrier qui massacre ses enfants après le travail”) et Médée (la mère qui déchire ses enfants) qui sont nécessaires pour approfondir symboliquement la tragédie du communisme, et non plus Prométhée et Antigone. » Jean-Pierre Morel est professeur de littérature comparée à la Sorbonne Nouvelle. Il a publié notamment Le roman insupportable (Gallimard, 1985) et traduit Brecht, Heiner Müller et Tsvetaieva.

Catherine Naugrette : Paysages dévastés – Le théâtre et le sens de l’humain 2004 | ISBN : 978-2-842421-62-5 | Prix : 17€
Méditant l’Histoire, Walter Benjamin la compare à l’Angelus Novus de Paul Klee, le « visage tourné vers le passé », là où ne cessent de s’amonceler « ruines sur ruines ». Heiner Müller reprend l’allégorie et place son Ange malchanceux en face d’un futur « qui s’amasse devant lui », non moins désastreux que le passé benjaminien. Catherine Naugrette leur emboîte le pas, qui nous propose en quelque sorte de suivre le regard de l’Ange – aveugle à la beauté du monde – et d’envisager le théâtre contemporain à travers l’image – on pourrait presque dire le concept esthétique – d’un paysage dévasté. Du « rire impossible » à la mélancolie de l’après-Auschwitz, en passant par la « terreur belle », le présent essai s’interroge sur les théâtres d’écrivains comme Beckett, Müller, Bond, Gabily ainsi que d’un metteur en scène comme Claude Régy, sur le travail de peintres comme Klee ou Kiefer, en tant qu’ils se donnent la tâche paradoxale d’aller à la rencontre de l’Autre et de retrouver l’humain – ce que, déjà, la Poétique d’Aristote appelait « le sens de l’humain » –, au cœur même des territoires dévastés de l’art et de l’Histoire. Catherine Naugrette, maître de conférences à l’Institut d’Études théâtrales de l’Université de Paris III-Sorbonne Nouvelle, est l’auteur de nombreux articles et ouvrages consacrés à l’histoire et à l’esthétique du théâtre.

 Jean-Pierre Sarrazac : L’Avenir du drame Préface de Bernard Dort 1999 |224 p.| ISBN : 978-2-842420-72-7 | 10,67 € | C|P 24 – Epuisé : sera réédité à l’automne 2015.
Plutôt que de dresser un bilan, L’Avenir du drame relève les promesses des écritures dramatiques françaises contemporaines à la fin des années soixante-dix. S’élabore ainsi une dramaturgie plurielle, contradictoire où se croisent et se répondent les œuvres d’une quarantaine d’auteurs dramatiques. « L’auteur, écrit encore Bernard Dort, s’est mis à l’écoute des pièces considérées non isolément ou auteur par auteur mais comme si elles formaient un grand tout, un seul texte, plein de repentirs et de ratures. Il en a entendu la parole plurielle et contradictoire. Il en a retrouvé les mouvements divers, les avancées, les reculs et les maelströms… » Cet ouvrage a obtenu le Prix Georges-Jamati d’esthétique théâtrale. La présente réédition est suivie d’une postface inédite, « Le drame en devenir ».

 Jean-Pierre Sarrazac : Critique du théâtre 2000 | ISBN : 978-2-842420-86-4 | 161 p. | 18,29 €
La dernière idée que nous nous étions faite du théâtre et, singulièrement, de la relation entre la scène et le spectateur, nous la tenions des années cinquante, de Vilar et de Brecht. C’est la leçon de Barthes, de Dort, de la revue Théâtre populaire – d’Althusser également – qui nous avait convaincu que le théâtre devait assurer le “Grand commentaire” de la société… Or on entend dire que cette utopie d’un “théâtre critique” a vécu ; qu’elle est morte en même temps que la religion de la “fable” et que quelques autres croyances “modernes” comme celle en un “spectateur actif”. Contribution au débat actuel sur la fonction du théâtre, sa dimension civique, ses pouvoirs, sa “nécessité”, le livre de Jean-Pierre Sarrazac fait l’archéologie de cette idée d’un théâtre critique. Mise à jour de ces fondations sur lesquelles toute nouvelle idée du théâtre, si elle se manifeste un jour, ne saurait manquer de s’appuyer. Une façon d’amorcer ce que les philosophes appellent la palinodie, l’histoire d’un changement d’idée. De choisir la contradiction plutôt que l’amnésie. De reprendre, selon l’exemple de Dort et de Barthes, la toujours nécessaire critique du théâtre.

Jean-Pierre Sarrazac : Critique du théâtre, 2 | 2015 | ISBN : 978-2-84242-340-7 | 224 p. | 20,50 €
Critique du théâtre 1, sous-titré De l’utopie au désenchantement, s’attachait à retracer la grandeur et la décadence de cette idée d’un théâtre critique qui avait marqué le théâtre de Vilar aussi bien que celui de Brecht et des brechtiens. Critique du théâtre 2 aborde frontalement la question que posait à demi-mot Critique du théâtre 1 : « Qu’en est-il, en vérité, de ce tournant du moderne au « contemporain » et du dramatique au postdramatique qui se serait opéré durant les dernières décennies ? » L’auteur met en lumière quelques-uns des dispositifs esthétiques qui font que le théâtre le plus novateur d’aujourd’hui entretient une relation de contemporanéité avec celui du tournant du xxe siècle : influence de la littérature policière sur l’avènement de la mise en scène moderne; « dépeupleur » comme lieu générique du théâtre; mise en tension de l’intime et du politique; metteur en scène-rhapsode; dramaturgie du fait divers; tragique « sériel »; geste de témoigner… Autant de détours qui permettent de penser le contemporain au regard de la longue durée et du moderne en ses vagues successives.

« C’est pourquoi on lui préférera le dernier livre de Jean-Pierre Sarrazac, Critique du théâtre 2, où l’auteur, creusant son propre sillon, s’attache à démythifier l’idéologie contemporanéiste pour mieux comprendre le théâtre contemporain. Il fait dialoguer, entre autres, Antoine, Lagarce, Strindberg et Vitez. Il récuse toute disparition du dramatique et voit au contraire dans sa « reprise » la signature moderne de l’écriture et de l’action théâtrales, sur le mode d’une « pulsion rhapsodique ». En 1981, Florence Delay saluait le début de l’itinéraire: “Sarrazac nous mène vers ces « auteurs-rhapsodes » qui cherchent à s’évader de la forteresse gardée par tant de canons pour composer librement, autrement, un autre théâtre.” »

Christophe Bident,Le Magazine litéraire,avril 2015.

kourandart.com/2015/03/17/critique-du-theatre-2-du-moderne-au-contemporain-et-retour-de-jean-pierre-sarrazac-par-irene-sadowska-guillon/

 J.-P. Sarrazac : La Parabole ou l’enfance du théâtre | 2002 | ISBN : 2-84242-132-9 | 256 p. | 21,50 €
Si une parabole est une comparaison en récit – le comparé consistant en une question complexe, d’ordre philosophique, spirituel ou politique et le comparant en une histoire simple, imagée et familière, voire enfantine – que devient l’art du dramaturge lorsqu’il se met au régime de la parabole ? Quelles transformations se produisent dans la structure mais aussi dans la réception des œuvres de Kafka, de Claudel, de Brecht – les trois grands parabolistes modernes – à partir du moment où ces auteurs reprennent cette forme qui remonte aux origines du récit ? De même que le mythe fonde la tragédie, la parabole instaure un théâtre d’un type nouveau : dramaturgie du détour, qui a recours à l’image et à la métaphore pour rendre compte du monde dans lequel nous vivons ; dramaturgie épique où la narration joue un rôle primordial ; dramaturgie heuristique, qui incite le spectateur à la compréhension, qui ne lui révèle aucune vérité, qui ne lui délivre aucun message, mais qui lui ouvre un chemin de connaissance.

 J.-P. Sarrazac : Jeux de rêves et autres détours 2004 | 160 p. | ISBN : 2-84242-166-3 | Prix : 17 €
« Le théâtre peut-il rendre compte du monde dans lequel nous vivons ? » : Jean-Pierre Sarrazac reprend ici la vieille interrogation brechtienne, mais lui apporte des développements et des réponses inédits. Dans la suite de son essai sur la Parabole, il creuse cette question des détours qui permettent d’aborder l’« actualité vivante » sans céder pour autant au pseudo-réalisme d’un « théâtre-réalité ». Autour du « jeu de rêve » – ce Drömspel qui apparaît avec Strindberg et qui se décline tout au long du XXe siècle – l’auteur identifie quelques « formes rectrices » du théâtre contemporain, des drames itinérants aux « vagabondages immobiles ». Occasion pour lui de s’interroger sur la généalogie de ces formes, sur leur devenir et sur cette combinatoire de détours qui caractérise les écritures dramatiques contemporaines. Poursuivant son dialogue avec ses auteurs de prédilection – Strindberg, Pirandello, Beckett, Kroetz, Koltès, Bond… – Jean-Pierre Sarrazac approfondit sa réflexion sur la crise de la forme dramatique. Jean-Pierre Sarrazac explore cet art extrêmement divers de la parabole. Principalement à l’étude de Brecht, Claudel et Kafka (pour son théâtre « inédit » et inachevé), mais aussi d’autres auteurs : Beckett, Ionesco, Frisch, Dürrenmatt, Müller, Bond, Koltès… Jean-Pierre Sarrazac est Professeur à l’Institut d’Études théâtrales de Paris III-Sorbonne Nouvelle. Essayiste, il est aussi l’auteur de plusieurs œuvres dramatiques.

Georg Simmel : La Philosophie du comédien précédé de : Denis Guénoun : Du paradoxe au problème, 2001 | 120 p. | ISBN : 2-84242-129-9 | 13,50€
Assez rares sont les philosophes qui tentent de penser, de façon approfondie, l’art ou l’activité des acteurs. Beaucoup font référence aux comédiens, surtout chez les modernes, mais peu se risquent à caractériser cette façon particulière d’agir, de travailler ou d’être qu’on appelle « le jeu ». Georg Simmel, philosophe et sociologue allemand (1858-1918), propose, lui, un examen attentif de cette question, conscient d’approcher là une des plus troublantes énigmes de la philosophie de l’art : comment se manifeste la singularité personnelle de l’acteur, puisqu’il lui faut apparemment se couler dans les prescriptions très contraignantes d’un texte écrit et d’un rôle ? Comment penser ce surprenant alliage d’objectivité (le texte) et de subjectivité (le tempérament) qui doivent trouver dans le jeu une apparente harmonie ? Quelle sorte de création, quelle œuvre en résulte ? Denis Guénoun propose une introduction à cette réflexion, en situant la problématique de Simmel par rapport à certaines de celles qui l’ont précédée, et en essayant donc d’en apprécier l’originalité.

Constantin Stanislavski : Notes artistiques Coédition : Circé|TNS Traduit du russe par Jean-Pierre Thibaudat et Macha Zonina 2011 |280 p. | ISBN : 978-2-842421-97-7 | Prix : 22,50 €
« Au fil des Notes artistiques, écrit dans sa préface Jean-Pierre Thibaudat, on découvre, sans fard et sans intermédiaire, le grand homme de théâtre dans l’intimité de son travail sur l’acteur et dans ses tourments de directeur de théâtre. Stanislavski prend des notes. Sur le “Livre” (qu’il n’écrira jamais), sur sa vie d’homme de théâtre tirée à hue et à dia, sur tout ce qui l’occupe, le préoccupe. Le voici, formulant quelque intuition, faisant l’inventaire de ses récriminations, réglant son compte au critique de théâtre, ressassant un point, un concept pour aller de l’avant ». De fait, la pensée du fondateur du Théâtre d’Art de Moscou se manifeste ici à l’état naissant et sans l’habillage romanesque caractéristique de La Formation de l’acteur ou de La Construction du personnage. Dans les Notes artistiques, ce n’est pas Tortsov, le double fictif du grand artiste et pédagogue qui s’exprime, mais directement Stanislavski. A travers la diversité des fragments – sur l’acteur, le jeu, la mise en scène, la troupe, les auteurs, le répertoire, les relations avec Nemirovitch-Dantcheko, Craig, Maeterlinck ou la critique… – l’autoportrait psychologique, moral et artistique de Stanislavski s’élabore par petites touches.

August Strindberg :  Ecrits sur le théâtre | Traduit du suédois par Terje Sinding | Préface de Joëlle Chambon | ISBN : 978-2-84242-340-7 | 416 pages | Prix : 24,50 €

Ce volume d’Ecrits sur le théâtre correspond à l’étape ultime de l’œuvre de Strindberg, celle des « pièces de chambre » et de l’Intima Teatern, le petit théâtre que le dramaturge ouvre en 1908 à Stockholm avec le jeune comédien et metteur en scène August Falck. Sur cette scène vont être représentées les œuvres les plus récentes du dramaturge – Le Pélican, La Maison brûlée, Orage, La Grand-route, La Sonate des spectres – mais aussi, parmi ses anciennes pièces, quelques-unes des plus fameuses : Père, Mademoiselle Julie, La Danse de mort I et II… Comme tout au long de sa carrière, le Strindberg de la fin de vie représente à la fois la figure du solitaire absolu et celle, en apparence contradictoire, d’un artiste qui, tout en s’inscrivant dans la tradition la plus exigeante, reste lié aux courants les plus novateurs de son temps. C’est ainsi qu’on verra se profiler, à côté des présences tutélaires de Shakespeare – une large part des « Lettres au Théâtre intime » lui est consacrée – et de Goethe, les silhouettes avant-gardistes de Maurice Maeterlinck, de Gordon Craig, de Max Reinhardt… Grand inventeur de théâtre, l’auteur de La Sonate des spectres ouvre la voie au théâtre expressionniste et à bien d’autres révolutions esthétiques, dont le surréalisme et Antonin Artaud. Les textes ici réunis, qu’il s’agisse d’un essai comme le Mémorandum ou de notes plus brèves et souvent polémiques, constituent le carnet de bord d’un metteur en scène à distance qui tantôt passe ses consignes – sur la dramaturgie, sur le jeu, la scénographie – à August Falck, tantôt s’adresse directement à la troupe de jeunes comédiens que ce dernier a réunie.

 Peter Szondi : Essai sur le tragique Traduit de l’allemand par J.-L. Besson, Myrto Gondicas, Pierre Judet de la Combe et Jean Jourdheuil 2003 | ISBN : 978-2-84242-053-6 | 160 p. | 17,50€
Détacher le concept du tragique, œuvre de la philosophie allemande à partir de 1795, de la poétique de la tragédie de Sophocle à Büchner, puis les confronter l’un à l’autre, tel est le mouvement de l’Essai sur le tragique de Peter Szondi. La première partie de l’ouvrage consiste en un commentaire d’une douzaine de penseurs et de poètes, dont Schelling, Hölderlin, Hegel, Goethe, Schopenhauer, Kierkegaärd et Nietzsche. La seconde partie est consacrée à huit examens de pièces correspondant aux quatre grands âges de la création tragique : Œdipe Roi pour les tragiques grecs ; La vie est un songe, Othello, Léon d’Arménie pour le baroque européen ; Phèdre, La Famille Schoffenstein, La Mort de Danton pour le classicisme français et l’époque de Goethe. L’objectif principal de l’auteur étant de mettre ainsi à l’épreuve sa conception dialectique du tragique.

Peter Szondi : Théorie du drame moderne | Traduit de l’allemand par Sibylle Muller 2006 | 163 p. | ISBN : 978-2-84242-218-9 | 17,80 €
Théorie du drame moderne, publié pour la première fois en Allemagne en 1956, est le premier ouvrage de Peter Szondi (1929-1971). Il s’inscrit dans la tradition, ouverte par Hegel, d’une esthétique historique où s’illustrent Théorie du roman de Lukács, Origine du drame baroque allemand de Benjamin et Philosophie de la nouvelle musique d’Adorno. Partant du principe hégélien de l’identité de la forme et du contenu, Szondi établit le constat que la forme dramatique fait l’objet à la fin du xixe siècle d’une crise fondamentale due à l’introduction d’éléments épiques en son sein. Sur un mode dialectique, Peter Szondi répertorie les « tentatives de sauvetage » de la forme ancienne en dépit des contenus nouveaux (naturalisme, pièce de conversation, pièce en un acte, etc.) puis les « tentatives de solution » (littérature dramatique du moi, revue politique, théâtre épique brechtien, jeu du drame impossible pirandellien, etc.). Un ouvrage fondamental, qui, d’Ibsen à Beckett, interroge les destinées de la littérature dramatique sur le mode non pas d’ « une histoire du drame moderne », mais d’« une tentative pour reconnaître, à partir d’un certain nombre d’exemples, les conditions qui ont déterminé son évolution ».

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